Municipales 2014: Danielle Simonnet pour révolutionner Paris

Mathieu Gruel

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Danielle Simonnet, conseillère de Paris et secrétaire nationale du Parti de Gauche, en tractage sur un marché à Paris, le 20 novembre 2013.
Danielle Simonnet, conseillère de Paris et secrétaire nationale du Parti de Gauche, en tractage sur un marché à Paris, le 20 novembre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Une abolition des privilèges serait nécessaire, vous ne pensez pas?» Elle sourit, mais le ton est donné. Assise à la terrasse du Ptit Bistrot (4e) en ce matin de novembre, Danielle Simonnet égraine les idées. A gauche toute.

La politique d'austérité? «D'une violence inouïe.» Les transports publics? «Il faudrait tendre vers leur gratuité.» Le problème du logement? «Il faut cibler la spéculation immobilière et exiger une autre loi Duflot.» Paris? «L'exode social la transforme en ville de riches.»

«2005, la vraie rupture»

C’est que la candidate du Parti de gauche aux élections municipales de 2014 sait où elle veut aller. Et où elle ne veut pas retourner. Car c’est d’abord au Parti socialiste qu’elle fait ses premières armes en politique. Après un engagement militant dans le syndicalisme étudiant, celle qui travaille alors comme conseillère d'orientation-psychologue rejoint l'aile gauche du PS.

Dans la foulée, elle intègre en 2000 le cabinet du ministre délégué à l'enseignement professionnel. Un certain Jean-Luc Mélenchon, avec qui elle dit «très bien s'entendre». Ils seront également côte à côte lors de la campagne pour le «non» au projet de Constitution européenne. «C'était en 2005, la vraie rupture», reconnaît Danielle Simonnet.

Ian Brossat et Jean-Luc Mélenchon

Elle quitte alors le PS. Elue dans le 20e, où elle habite, elle devient conseillère de Paris en 2008. Avec Jean-Luc Mélenchon – toujours lui – elle participe en 2009 à la création du Parti de gauche. Suivra l'émergence du Front de gauche avec le Parti communiste Français.

«Je me souviens, c'est moi qui suis allé la chercher pour lui demander de nous rejoindre», rappelle Ian Brossat. «C'est totalement faux. J'étais déjà une dirigeante politique et n'avais nul besoin que l'on vienne me chercher», replique-t-elle à «son ami», comme elle le présente dans son livre A Paris, place au peuple. Celui-ci confirme d’ailleurs  à 20 Minutes: «Bien sûr qu'on est amis.»

Mais le porte-parole d’Anne Hidalgo et président du Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche au Conseil de Paris, qui salue «une femme sincère dans son combat», regrette «qu'elle oublie qu'elle est membre de la majorité municipale». «Sauf qu'Hidalgo n'ose rien», tacle Danielle Simonnet. La tête de file du PG  est d'ailleurs «en désaccord politique» avec Ian Brossat, depuis qu’il a rejoint la candidate PS à la Mairie de Paris « qui soutient la politique gouvernementale ».

Révolution par les urnes

Alors, dans cette campagne «fourre-tout», «dépolitiser» et «tout sauf féministe», malgré la présence de trois autres candidates -Anne Hidalgo(PS), Nathalie kosciusko-Morizet (UMP) et Marielle de Sarnez (MoDem)- elle appelle de son côté à «une révolution fiscale», à « la baisse des loyers » et souhaite la défaite «d’une droite aux marqueurs réactionnaires».

Attachée aux services publics, comme l’Hôtel Dieu et ses urgences, elle soutient également la remunicipalisation de ceux qui ont été «cédés aux intérêts privés via JCDecaux, Bolloré, Vinci.»

Et en attendant de pourvoir «faire de Paris une capitale de la résistance à l'austérité», et de «restaurer la souveraineté du peuple», grâce «à une révolution citoyenne par les urnes», elle prophétise: «On va être la surprise et la clef du scrutin.»