Charles Beigbeder: «Si j'étais Pierre Lellouche, je ne la ramènerais pas trop»

Propos recueillis par Alexandre Sulzer

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Charles Beigbeder, le 28 mai 2013 à Paris.
Charles Beigbeder, le 28 mai 2013 à Paris. — MEIGNEUX/SIPA

Vous revendiquez la deuxième position sur la liste UMP du 8e arrondissement de Paris. Le député Pierre Lellouche la souhaite également et a menacé mardi  de dissidence. Le 8e est-il devenu la nouvelle Babylone de l’UMP?

Martine Merigot de Treigny, qui a été désignée chef de file, souhaite avoir sur sa liste des personnalités influentes du 8e arrondissement, issues de la société civile. Il faut ouvrir la politique à la société civile pour redresser la France et Paris. C’est le sens de mon engagement. Martine Merigot de Treigny m’a proposé la place de numéro 2, j’ai bien sûr accepté. C’est un hommage aux milliers d’emplois que j’ai créés dans le 8e arrondissement, celui de l’activité économique par excellence, avec les sociétés Selftrade, Poweo ou encore Gravitation. Ça fait vingt-cinq ans que je travaille dans cet arrondissement.

 Pierre Lellouche n’a-t-il donc pas la même légitimité que vous?

Je suis étonné de son attitude, pas à la hauteur des enjeux. Il est déjà conseiller de Paris et député à un moment où l’on parle de limiter le cumul des mandats. On m’a d’ailleurs dit que son assiduité au Conseil de Paris n’était pas très forte. Sa circonscription [la 1ère de Paris] est à cheval sur quatre arrondissements [1er, 2e, 8e et 9e]. Ne serait-il pas plus utile dans un arrondissement de reconquête parmi ceux-ci? Enfin, je rappelle qu’il a papillonné à Sarcelles, à Cannes avant de jeter son dévolu sur la capitale. Investi par l’UMP en 2008 dans le 8e, il a été battu par le dissident de l’époque, François Lebel. Si j’étais lui, je ne la ramènerais pas trop.

 Vous parlez d’arrondissement de reconquête. Votre place n’est-elle pas justement dans le 12e arrondissement où vous vous êtes déjà présenté aux dernières législatives?

Je quitte le 12e avec regret. J’ai porté les couleurs de ma famille politique avec un score honorable [38,49% au second tour]. Mais l’équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet m’a jugé plus utile ailleurs. Je respecte cette décision. Je reste attaché au 12e que j’ai arpenté durant trois années.