Municipales: Marion Maréchal-Le Pen candidate à Sorgues

POLITIQUE La liste sera conduite par un conseiller non encarté de l'actuelle majorité UMP...

avec AFP

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Marion Maréchal-Le Pen, le 15 septembre 2013, lors de l'université d'été du Front National à Marseille.
Marion Maréchal-Le Pen, le 15 septembre 2013, lors de l'université d'été du Front National à Marseille. — Alain ROBERT/Apercu/Sipa/SIPA

Marion Maréchal-Le Pen, députée FN du Vaucluse, a annoncé mercredi soir sa candidature à Sorgues sur une liste Rassemblement bleu Marine mais elle ne sera pas tête de liste, comme envisagé un temps. La liste sera conduite par un conseiller non encarté de l'actuelle majorité UMP, Gérard Gérent. «Je participerai à cette liste en tant que colistière, mais je n'ai pas encore arrêté la place qui sera la mienne», a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse, en présence d'une centaine de sympathisants.

L'héritière frontiste de 23 ans, devenue en juin 2012 la plus jeune élue du Palais Bourbon, avait déjà précisé qu'elle ne briguerait pas la tête de liste en raison du non-cumul de mandats. «Ce n'est pas qu'un nom sur une liste, je vais m'impliquer dans la constitution du programme et je siégerai au conseil municipal», a assuré Marion Maréchal-Le Pen, se disant «très contente de partir avec Gérard Gérent, qui est l'incarnation du rassemblement voulu par Marine Le Pen», à la recherche de personnalités issues d'horizons divers et au fort ancrage local.

Ce retraité de 67 ans est élu depuis 1989 à Sorgues, où il a occupé notamment les postes d'adjoint aux travaux puis aux sports. Interrogé sur une éventuelle adhésion au Front national, il s'est dit «indépendantiste», tout en «n'excluant rien».

Gérard Gérent n'a pas dévoilé de programme précis à ce stade, mais a dit vouloir s'inspirer de la gestion de Jacques Bompard (Ligue du Sud) à Orange. L'élu d'extrême droite, exclu en septembre 2005 du bureau politique du FN après une brouille avec Jean-Marie Le Pen, a apporté son soutien à Marion Maréchal-Le Pen, dont le suppléant à l'Assemblée, Hervé de Lépinau, est inscrit à la Ligue du Sud.

Grands espoirs dans le Vaucluse

Sorgues, ancien fief communiste de plus de 18.000 habitants situé à une dizaine de km au nord d'Avignon, est actuellement dirigé par l'UMP Thierry Lagneau, qui a succédé en 2011 au sénateur Alain Milon.

Placée en zone de sécurité prioritaire (ZSP) par le gouvernement, la ville cumule pauvreté et chômage et souffre d'un «fort communautarisme qui pèse sur le quotidien des habitants», a souligné la députée FN. Le Front national nourrit de grands espoirs dans le Vaucluse, qui sera «extrêmement regardé et épié pendant ces municipales», a-t-elle ajouté, affichant l'objectif d'«une petite quinzaine de listes», notamment à Carpentras, Cavaillon et Avignon.

Marine Le Pen a réalisé dans ce département son meilleur score national au 1er tour de la présidentielle (27,03%, juste derrière Nicolas Sarkozy). C'est dans la 3e circonscription du Vaucluse, où se trouve Sorgues, que le FN avait battu ce jour-là son record national avec 31,5% des voix.  A Sorgues même, la présidente du parti frontiste était arrivée en tête avec 36,02% des voix, tandis qu'aux législatives, sa nièce avait atteint 44,36% au second tour.