Municipales 2014: Candidats, thématiques, tendances... Ce qu'il faut savoir sur la campagne à Paris

Jérôme Comin
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Le 23/10/2013. Illustration de la mairie de Paris. Facade de la mairie de Paris. Photo / V. Wartner / 20 Minutes
Le 23/10/2013. Illustration de la mairie de Paris. Facade de la mairie de Paris. Photo / V. Wartner / 20 Minutes — V. WARTNER / 20 MINUTES

Qui va réussir son Paris? Alors que le premier tour des élections municipales à Paris est prévu pour le 23 mars 2014, les candidats à la Mairie de Paris sont quasiment tous en ordre de bataille. Têtes de listes, chefs de files, alliances, dissidences… Les différents partis engagés dans cette bataille électorale sont presque tous en ordre de marche. A 150 jours du scrutin, 20 Minutes fait le point sur ce scrutin capitale. 

Qui est de la partie?

 Anne Hidalgo (PS), Danielle Simonnet (PG)

 On commence à y voir un peu plus clair, surtout à gauche. Le Parti communiste a décidé dimanche de faire une liste commune dès le premier tour avec le PS, menée par la première adjointe au maire Anne Hidalgo, au grand dam du Parti de gauche, emmené par Danielle Simonnet qui présentera des listes autonomes dans tous les arrondissements.

Christohe Najdovski (EELV)

Cette stratégie de l’autonomie sera aussi appliquée du côté d’Europe Ecologie-Les Verts, qui avec Christophe Najdovski, compte faire entendre sa voix comme il l’avait fait en 2008. «Il faut arrêter de dire qu’il n’y aurait que l’UMP ou le PS qui serait propriétaire de la Mairie de Paris», affirme l’élu du 12e. A droite, la situation se décante même s’il reste des incertitudes.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP)

Si Nathalie Kosciusko-Morizet a désigné ses chefs de fil le 9 octobre, prenant ainsi de l’avance sur son calendrier, elle essuie depuis de nombreuses menaces de dissidences. Les 3e, 5e, 7e, 8e, 14e et 15e, 16e sont ainsi concernés à des degrés divers. «Ce sont plus des problèmes liés à des places sur les listes que des divergences politiques, nuance-t-on dans l’entourage de NKM. Et puis, le seul vrai problème c’est dans le 5e, car les Tiberi ont un véritable poids politique et pourraient se maintenir au second tour.»

Christian Saint-Etienne (UDI), Marielle de Sarnez (MoDem)

Quant au centre, si rien n’est encore officiellement décidé, la tendance semble à l’union entre l’UDI de Christian Saint-Etienne et le MoDem de Marielle de Sarnez  comme l’expliquait cette dernière lundi affirmant qu’un rapprochement au niveau local était «quelque chose que nous avons sur notre agenda».  L’UMP vise même une alliance plus large espère un accord «à la fin novembre», glisse un élu de la droite parisienne.

Wallerand de Saint-Just (FN)

A l’image de sa stratégie nationale, le Front national, emmené par son chef de fil Wallerand de Saint-Just, avocat et trésorier du parti, espère jouer les trouble-fêtes à Paris, ou le FN n'a jamais réussi de gros scores lors des précédentes élections.

 

 

 

 Les dossiers chauds.

Logement

Paris oblige, le logement va occuper une place majeure dans cette campagne. Avec une flambée des prix de l’immobilier et des loyers quasi continue ces dernières années, cette thématique est prioritaire pour les habitants de la capitale comme le révélait dernièrement un sondage du Parisien. Les candidats ont d’ailleurs rapidement dégainé leurs mesures. Si Hidalgo s’est fixé, entre autres, un objectif de 30% de logements sociaux en 2030, NKM souhaite elle soutenir le logement intermédiaire, destiné à ceux qui travaillent à Paris et veulent y vivre, avec des revenus «moyens».

Transports, fiscalité

Et si les impôts locaux, NKM souhaitant profiter du «ras-le-bol fiscal» des Français, et les transports, avec le vieux serpent de mer du métro nocturne, seront évidement à l’honneur, c’est surtout le thème de la sécurité qui risque de rythmer la campagne. 

Sécurité

«Premier sujet de préoccupation des Parisiens» pour NKM, qui souhaite «s’attaquer aux bandes de Roms qui harcèlent la population», cette thématique est aussi très présente dans la campagne d’Hidalgo, qui n’a pas hésité, par exemple, à se rendre au verdict du procès Hamidovic en mai. «C’est sûr qu’il ne va pas falloir se louper sur la sécurité», confiait d’ailleurs récemment un proche de la candidate socialiste. Surtout face à un Front national dont l’ombre plane sur ces municipales. 

Les tendances

Huit points d’écart avant l’été, cinq points il y a un mois et demi, partie très tôt en campagne (en septembre 2012), Anne Hidalgo voit son avance sur NKM fondre comme neige au soleil.

Handicapée par un contexte national défavorable, la candidate socialiste semble désormais au coude-à-coude avec sa rivale UMP qui compte bien surfer sur le mécontentement des Français. Et si tout est fait côté Hidalgo pour éviter un vote sanction en multipliant, par exemple, les critiques sur la pression fiscale ou l’expulsion de Leonarda et Khatchik, des proches de la candidate socialiste estiment désormais «que la gauche peut perdre Paris».

De quoi donner le sourire à l’UMP qui affirme que «NKM donne le tempo de cette campagne».  Une tendance à relativiser tout de même en raison du mode de scrutin parisien qui oblige la droite à remporter au moins deux grands arrondissements sans en perdre un. Sans oublier que l’UMP devra composer cette année avec un Front national qui ne cesse de progresser ces derniers mois et qui se présente désormais comme la troisième force politique à Paris selon un récent sondage. De quoi «augmenter le risque de triangulaires dans certains arrondissements de l’ouest parisien notamment», s’inquiète un élu de droite.