Comment revenir en politique après avoir été condamné au tribunal

Alexandre Sulzer

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Manuel Aeschlimann, alors candidat aux législatives à Asnières, le 12 juin 2012.
Manuel Aeschlimann, alors candidat aux législatives à Asnières, le 12 juin 2012. — AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH

Les municipales de 2014 sonnent le retour devant les électeurs de plusieurs politiques qui sont passés par la case condamnations pénales. Outre l’emblématique Didier Schuller à Clichy (Hauts-de-Seine), Manuel Aeschlimann porte les couleurs de l’UMP pour reconquérir Asnières (Hauts-de-Seine). Mais comment revient-on en politique après avoir été condamné?

L’ancien édile, condamné à dix-huit mois de prison avec sursis en 2011 pour favoritisme dans l'attribution de marchés publics, dit lui-même évoquer son passé judiciaire «spontanément» lors des réunions publiques qu’il organise. Dans l’un de ses tracts de campagne, on peut lire: «Manuel Aeschlimann serait touché par des affaires. FAUX. Il n’y a pas “des affaires”, mais un dossier et un seul, datant de 1998 alors que Manuel Aeschlimann n’était même pas encore maire».

Relativiser la condamnation

Rappeler la condamnation pour mieux la relativiser est donc la stratégie adoptée par celui dont la gestion de la mairie a souvent été qualifiée de «clientéliste» par les observateurs. Lui assure que la presse «en a fait des tonnes», rejette la comparaison avec Didier Schuller. Et préfère celle avec Jean-Marc Ayrault, également été condamné pour favoritisme en 1997 [le Premier ministre a depuis été réhabilité].

Et s’il assure que, sur les marchés, «les gens parlent de leurs soucis quotidiens» et pas de son passé judiciaire, il n’a pas oublié de préciser sur son tract de campagne que le maire (PS) sortant d’Asnières, Sébastien Pietrasanta, a fait l’objet cette année d’un rappel à la loi pour favoritisme et que son rival à droite, Cyrille Déchenoix, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts (sans préciser qu’il était au moment des faits son propre adjoint au maire).

Des promesses de transparence

Manuel Aeschlimann reconnaît que son passé judiciaire a pesé lourd dans les différents échecs électoraux qu’il a subis depuis sa condamnation, aux municipales en 2008 comme aux législatives en 2012. Désormais, l'avocat qui a défendu le Congolais Jean-Pierre Bemba, des «ministres et des figures du show-biz africains» et qui conseille désormais «les Chinois» sur leurs investissements en Afrique, assure vouloir jouer la transparence. Promet qu’il intégrera d’anciens magistrats des juridictions financières au sein de la commission d’appels d’offres en cas de victoire. Et assure qu’un politique «qui s’est enrichi personnellement devrait être interdit de faire de la politique durant le reste de sa vie». Autre argument imparable: le risque amoindri de ne pas respecter le droit des marchés publics. «Là-dessus, je suis devenu compétent.»

Contactés par 20 Minutes, Patrick Balkany, le maire (UMP) de Levallois-Perret qui avait été réélu après avoir été condamné, et Alain Carignon, qui entend porter les couleurs de l’UMP à Grenoble, n’ont pas souhaité répondre.