Vidéo. Municipales à Paris: Les candidats occupent le terrain des Roms

POLITIQUE Après Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne Hidalgo s'est longuement exprimée sur le sujet...

Matthieu Goar

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Anne Hidalgo lors de la présentation des grandes lignes de son programme de campagne, le 23 septembre 2013. 
Anne Hidalgo lors de la présentation des grandes lignes de son programme de campagne, le 23 septembre 2013.  — JOEL SAGET / AFP

Il n’y a donc pas que dans les villes du Sud-est de la France que les Roms deviennent un enjeu de campagne électorale. Depuis quelques jours, la bataille de Paris est rythmée par les sorties fracassantes des candidats sur ce sujet. Lundi, lors de la présentation des grandes lignes de son programme principalement axé sur le logement, Anne Hidalgo a elle aussi longuement évoqué cette thématique. D’abord pour répondre aux «propos indignes de la chef de la chef de la droite parisienne», sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait estimé la semaine dernière que «les Roms harcèlent beaucoup les Parisiens». «Paris a des valeurs et on ne stigmatise pas une population», a lancé la socialiste.  

Hidalgo ne veut pas laisser la droite surfer sur la thématique

 Riposter donc mais aussi occuper la thématique. Car Hidalgo n’a pas l’intention de laisser la droite parisienne surfer seule sur ce sujet. L’adjointe de Bertrand Delanoë, tout en estimant que les Roms ne sont pas le sujet prioritaire de la sécurité des Parisiens, s’est aussi félicitée du démantèlement de camps illégaux ou de la condamnation en justice de «cinq réseaux criminels». «Quand on oppose sécurité et justice, il y a quelques chose qui ne tourne pas rond dans notre République. ( …) On va continuer à amplifier cette lutte», a-t-elle promis avant de dénoncer, la «mendicité agressive», la «prostitution» ou encore «le campement de 50 familles place de la Bastille». «Mais évidemment on ne veut pas que Paris devienne un campement géant», a-t-elle déclaré. 

Les associations choquées

Une sortie qui choque les associations de défense des Roms outrées par l’utilisation de ce sujet dans ce début de campagne électorale. «La déclaration d’Hidalgo me fait penser à la phrase de Charles Maurras dans les années 1930 qui disait que ‘La France n’est pas un terrain vague’. Et tout cela pour répondre à une autre candidate qui estime que les Parisiens sont «harcelés par les Roms»... Mais n’y a-t-il pas d’autres problèmes? Les Roms sont-ils responsables des attaques à la voiture-bélier place Vendôme? A-t-on démantelé des cellules terroristes au sein de la communauté rom?» ironise Saimir Mile, président de l'association «La voix des Roms».

Interloquée par les propos d’Hidalgo, Dannielle Simonnet, candidate du Parti de Gauche, a elle aussi envoyé un communiqué: «Dire cela, c'est de facto attiser les fantasmes de façon irresponsable.»

La main tendue aux communistes

L’alliance est loin d’être officialisée mais les œillades se font de moins en moins discrètes. Lundi, Anne Hidalgo a envoyé un message aux  responsables du Front de gauche parisiens. «Je reprends cette proposition des 30% de logements sociaux à l’horizon 2030. Elle me paraît être un bon cap», a expliqué la candidate socialiste. Avant d’envisager un accord électoral, les élus du groupe PCF-PG au Conseil de Paris attendaient que les socialistes se montrent plus ambitieux en matière de création de logements sociaux. Pas satisfait, Ian Brossat, le président du groupe PCF-PG a aussitôt demandé des précisions à la candidate. «J'ai une vraie interrogation sur le rythme de production de logements sociaux. Si on veut atteindre 30% en 2030, il faut créer 7.500 logements par an. C'est dès 2014 qu'il faut se mettre en situation d'aller vers 30% en 2030», a-t-il déclaré.