Marseille: Le FN voit grand pour les municipales

POLITIQUE Le parti d’extrême droite mise sur son ancrage local pour décrocher une vingtaine d’élus...

A Marseille, Amandine Rancoule

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Marseille le 15 mai 2012 - Stéphane Ravier , du Front national, brigue la mairie de Marseille aux municipales 2014.
Marseille le 15 mai 2012 - Stéphane Ravier , du Front national, brigue la mairie de Marseille aux municipales 2014. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Le Front national (FN) revient sur les terres où il fait ses plus gros scores. A la présidentielle, Marine Le Pen avait obtenu 21,22 % des voix à Marseille, et aux législatives, le parti s’est maintenu à 20 % sur la ville. A l’heure de l’ouverture à Marseille de l’université d’été du FN, deux instituts de sondage attribuent à l’extrême droite 25 % des intentions de vote aux municipales, accréditant l’hypothèse d’un groupe FN au conseil municipal.

« Tendre la main à l’UMP »

« C’est difficile de dire combien d’élus nous pouvons avoir, estime Stéphane Ravier, tête de liste FN. Il est probable que je remporte le 7e secteur. Au total, je mise sur une vingtaine d’élus au conseil municipal ». Pour l’UMP, la présence d’élus FN au conseil municipal « n’est pas une nouveauté ». « Durant le mandat précédent, il y avait 3 élus FN et 7 encore avant : ça n’a pas empêché Jean-Claude Gaudin (UMP) d’avoir la majorité absolue », raconte un proche du maire sortant. Mais cette fois, l’extrême droite pourrait priver l’UMP ou le PS de majorité absolue, obligeant les deux partis à une cogestion de la ville, comme à Marseille Provence Métropole. « S’il n’y a pas de majorité absolue, c’est une occasion en or pour le FN de tendre la main à l’UMP. A quelques mois des élections européennes, l’UMP ne pourra pas se permettre d’accepter,  obligeant PS et UMP à se rapprocher », estime Joël Gombin, politologue à l’université d’Amiens et auteur d’une thèse sur le FN en PACA. « C’est un risque qui n’est pas exclu si gauche et droite font des scores très serrés », estime-t-on aussi dans l’entourage du maire sortant. « Nous ne sommes pas dans une démarche de blocage du conseil municipal. Mais cette fois, ils seront bien obligés de nous écouter », fait déjà savoir le leader frontiste.