Jean-François Doridot (Ipsos): «Bayrou a payé l'effet "A vous de juger" et "Home"»

INTERVIEW Pour le directeur général d'Ipsos, l'aile gauche du MoDem est partie vers les écologistes, tandis que l'aile droite s'est tournée vers l’UMP…

Recueillis par Bastien Bonnefous

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 Jean-François Doridot, directeur général d'Ipsos
Jean-François Doridot, directeur général d'Ipsos — S. POUZET/20 minutes
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Comment expliquez-vous le mauvais score du MoDem?

Les européennes varient toujours dans les derniers jours de campagne, car elles intéressent peu les Français. L'accrochage entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit dans l'émission «A vous de juger» jeudi soir, a coûté cher au MoDem, comme le battage autour du film de Yann Arthus-Bertrand, «Home», a profité à Europe Ecologie. Bayrou a payé ces deux effets. L'aile droite du MoDem, choquée par les propos de Bayrou, s'est reportée vers l'UMP et l'aile gauche vers Europe Ecologie.

Cohn-Bendit a-t-il construit une nouvelle force politique en France?

Les européennes ont toujours été favorables aux écologistes. Jusqu'à présent, leur meilleur score était de 10,5%,le vote de dimanche représente donc une forte hausse. Mais Europe Ecologie ne s'installe pas pour autant comme une nouvelle force. La très forte abstention est surtout la preuve de la perte de crédibilité des politiques aux yeux des citoyens. Ceux qui sont allés voter, se sont fait plaisir en votant écolo et en donnant un signal aux partis traditionnels.

Le PS, lui, continue son recul…

Le PS devient de plus en plus minoritaire au sein de la gauche. C'est de mauvais augure pour lui pour les élections régionales de 2010, avec des écolos qui montent et des communistes qui se réveillent dans le Front de gauche. La seule bonne nouvelle de dimanche soir pour le PS, c'est l'effondrement du MoDem.

L'UMP crie à la victoire. A-t-elle raison?

Droite et extrême droite additionnées réalisent près de 40%. C'est franchement un bon score. Mais l'UMP a le même problème que le MoDem: dans une élection à deux tours, ses réserves de voix sont faibles, même si la participation sera plus élevée aux régionales ou à la présidentielle.