Bayrou se justifie, Cohn-Bendit calme le jeu

PUGILAT L'altercation entre le président du Modem et le leader écologiste se poursuit par médias interposés...

Avec agence

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 François Bayrou lors d'un meeting de la campagne européenne, le 29 mars 2009 à Paris.
 François Bayrou lors d'un meeting de la campagne européenne, le 29 mars 2009 à Paris. — HALEY/SIPA

François Bayrou persiste et signe. Il ne regrette rien, ne s'excuse pas, mais se justifie, vendredi, après les accusations qu'il a lancées contre Daniel Cohn-Bendit la veille lors d'un débat télévisé. Lors d'une conférence de presse impromptue au siège du Modem, vers midi, le leader centriste a affirmé avoir été alerté par des internautes sur le contenu du livre écrit par Daniel Cohn-Bendit dans les années soixante-dix, et l'avoir lu cette semaine. «Je ne vais pas prétendre que c'était un accident. C'est la situation qui a provoqué cette explosion. Il y a quelque chose en moi qui a suscité cette colère, et cette sensibilité, je la revendique.»


Conférence de presse 05-06-09 1ere partie
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Peu avant, sur RMC et BFM-TV, le président du MoDem avait expliqué sa réaction par les attaques incessantes dont il fait l'objet de la part du leader écologiste. «Ca fait des mois que Daniel Cohn-Bendit m'insulte à longueur de meetings, y compris sur des sujets personnels et sensibles comme la religion», s'était justifié le leader centriste, expliquant que l'écologiste se promène «partout en disant "il a touché la Vierge"».

Au sujet de l'ouvrage de Daniel Cohn-Bendit, Bayrou en a remis une couche: «J'ai écrit beaucoup de livres dans ma vie, j'en assume chaque ligne. Ce livre-là est un livre pour moi insupportable». Ajoutant: «Si Daniel Cohn-Bendit regrette ce qu'il a écrit, qu'il le dise, qu'il le retire. Moi, en tous cas, je ne veux pas accepter d'insultes de la part de ceux qui ont choisi cette voie, au moins à cette époque de leur vie».

Cohn-Bendit veut «calmer tout le monde»

«Il y a eu un moment très dur. On va discuter de ça après», a répondu sur France Inter Daniel Cohn-Bendit, qui semble jouer l'apaisement. L'écolo a même tenu à s'excuser pour «une remarque» dont on peut «dire qu'elle était méchante, dans un meeting, sur son obsession présidentielle». «Je m'excuse pour la méchanceté et je garde le contenu», a-t-il toutefois précisé.

Remettant son costume de campagne, Daniel Cohn-Bendit a souhaité «calmer tout le monde»: «je ne suis pas candidat à la présidence de la République, je ne suis un concurrent pour personne, je suis un Européen, je veux que l'Europe avance, je veux que l'Europe écologique et sociale avance et que tout le monde garde son calme». Et à l'attention de «ceux qui rêvent de la présidence», il a souhaité rappeler que «ce n'est pas le 7 juin, c'est en 2012, on a le temps».


«Assumer ses écrits»

François Bayrou avait appelé jeudi à Strasbourg l'écologiste Daniel Cohn-Bendit à «assumer ses écrits» des années 1970 sur la sexualité des enfants, à l'issue de l'enregistrement d'un houleux débat sur France 2 où les injures ont fusé.

«Pour ma part, je n'ai prononcé aucune injure», s'est justifié le président du Modem. «J'ai rappelé un livre dans lequel il raconte des pratiques qui sont pour moi insupportables.» Appelant l'ex-leader de Mai 1968 à «assumer sa propre histoire et ses propres écrits», François Bayrou a précisé qu'en découvrant récemment le texte, il avait été «blessé».

«L'enfance mérite d'être défendue»

«L'enfance mérite d'être défendue contre des théories de cet ordre», a-t-il poursuivi: «Il y a des choses auxquelles je ne dirai jamais oui, pas plus aujourd'hui qu'il y a vingt ans.»

Daniel Cohn-Bendit, qui conduit la liste Europe Ecologie aux européennes en Ile-de-France, a pour sa part accusé François Bayrou, d'avoir «pété les plombs» lors de l'émission «A vous de juger».

«Il m'a accusé de rouler pour Sarko, je lui ai dit que c'était en dessous de son niveau, qu'il valait mieux que cela, que c'était une ignominie. Là-dessus, il m'a accusé, sans le dire, de pédophilie, pour un texte qui date de 25 ans», a raconté Daniel Cohn-Bendit sur France 3.

«Il va mal dans sa tête»

Selon lui, le président du MoDem s'est «lâché complètement contre les sondages avec Marine Le Pen et de Villiers». «J'ai demandé l'asile politique à Mélenchon (Front de gauche), Xavier Bertrand (UMP) et Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste)», a-t-il ironisé.

«Il va mal dans sa tête et je crois que c'est mauvais pour lui», a conclu Daniel Cohn-Bendit, accusant François Bayrou d'avoir «sacrifié son MoDem à son ego parce qu'il ne pense qu'à devenir président de la République».



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