Une journée avec Benoît Hamon: dans le rush des derniers jours de campagne

EUROPEENNES Au programme, marchés, réunion stratégique et meeting...

Emile Josselin

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 Benoît Hamon, en campagne pour les européennes à Hauteville-sur-mer, le 16 mai 2009.
 Benoît Hamon, en campagne pour les européennes à Hauteville-sur-mer, le 16 mai 2009. — BAZIZ CHIBANE/SIPA
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Réservé mais poli. Première étape de la journée, le marché de Daumesnil, dans le 12e arrondissement de Paris. Dynamique, le porte-parole du PS part remonter les étals: «je vais me faire une longueur». L'accueil est réservé, mais poli. «C'est un marché assez modéré, dans ce bureau de vote, Bayrou a fait 22% en 2007» analyse la députée PS Sandrine Mazetier, qui participe à la séance de tractage. Les passants prennent les tracts pour la plupart, mais rares sont ceux qui engagent la conversation. «Vous êtes beau, mais vous embêtez trop Sarkozy», lui lance une vieille dame, provoquant l'hilarité générale.

11h. Aligre, les Verts et Dieudonné.
Au marché d'Aligre, si la rue est clairsemée, la conversation se noue plus vite. D'abord avec un membre de la CGT, plutôt bienveillant. Ensuite avec une cinquantenaire, plus remontée, qui en a «assez» des divisions au PS, et veut voir «de nouvelles têtes». Autour de Benoit Hamon, les militants acquiescent. Elle évoque aussi sa préférence pour les Verts, «les seuls qui parlent d'Europe». Le porte-parole du PS objecte: «on dit qu'ils font une belle campagne, mais personne ne peut me citer une seule de leurs propositions. Ils sont contre le réchauffement climatique, et alors? Nous aussi!» Un peu plus loin, un vieux monsieur le salue d'un «Bonjour monsieur Valls», le confondant avec le député-maire d'Evry. Et Benoît Hamon de raconter que lundi, à Montreuil, une passante a pris la photo de Harlem Désir, tête de liste et fondateur de SOS-Racisme, pour... celle de Dieudonné.

12h30. Aubry et Mots croisés. Benoît Hamon s'éclipse pour un déjeuner de travail avec Martine Aubry, qui prépare l'émission «Mots croisés» de France 2, enregistrée jeudi midi et diffusée dans la soirée. L'angle d'attaque: «Dans l'opinion, Martine Aubry est associée au social, à la protection des salariés. Elle qui a été détestée par les libéraux avec les 35 heures, on ne pourra pas lui dire qu'elle veut l'Europe libérale», estime le porte-parole du PS, pour qui «voter social, c'est voter socialiste».

14h. Construction européenne et clip de soutien.
On retrouve Benoît Hamon dans son bureau de Solférino. L'occasion d'évoquer la banque centrale européenne, dont il appelle à une refonte des statuts, au motif entre autre que «l'euro est surévalué». Interrogé sur la question sur l'argument d'Eva Joly, qui dit que «la réalité se chargera de changer les institutions», il n'est pas d'accord. «Si on avait attendu que le marché prenne seul conscience des dégâts environnementaux de la sidérurgie... C'est une question de rapports de force, qui génèrent des lois».

Et les reproches du Front de Gauche, qui estime que les socialistes européens votent la plupart du temps avec la droite? «D'abord, beaucoup de textes sont du genre la taille de tel cable dans les voitures, où nous sommes tous d'accord.» Mais pour les autres textes, les plus politiques? «Quand j'ai fait mon rapport sur les paradis fiscaux, moi aussi je voulais les votes du PPE (droite européenne). J'en avais d'ailleurs trouvé, et j'étais très heureux de les avoir obtenu. Pourquoi? Parce que le parlement européen n'est que le co-législateur. Il faut avoir le vote le plus large possible, pour peser sur le conseil européen», qui rassemble les chefs d'Etat et de gouvernement. Il ajoute d'ailleurs que les députés du groupe Gauche unitaire européenne (GUE) à Strasbourg font pareil, «parce que le député GUE veut lui aussi que son texte pèse face au Conseil». Vers 15h45, il enregistre une vidéo de soutien pour un meeting avec François Hollande et Kader Arif, tête de liste dans le Sud-ouest.

20h. Le bal des quadras.
Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Aurélie Filipetti, Sandrine Mazetier, Harlem Désir: le PS a réuni tous ses quadragénaires pour le meeting de Montgeron (Essonne), un des derniers de la campagne en Île-de-France. «C'est la quadra pride», note, amusé un des participants. Malgré le match de football, la salle est bien remplie, avec 500 militants, pour un meeting classé «départemental» dans l'agenda de campagne. Benoît Hamon parle le premier, et casting oblige, note qu'en France, «on reste longtemps jeune en politique, alors qu'ailleurs notre génération préside aux destinées de son pays». Une manière de mettre les choses au clair qu'il développe: sa génération «représente peut-être l'avenir du parti mais depuis longtemps aussi son présent.»
Il accuse la droite d'orchestrer une non-campagne: «il est curieux de faire des propositions, de s'opposer au vide sidéral du programme de la droite, sans jamais que ces propositions ne soient interrogées sur le fond.» Et pour mobiliser les militants à l'approche de l'échéance, il ajoute «le PPE vient d'enregistrer le départ des conservateurs tchèques et britanniques. Nous sommes tout près de passer devant.» Une mobilisation des militants et de l'électorat dont le jeune porte-parole du parti a besoin: troisième sur la liste, il n'est pas sûr d'être réelu en cas de mauvais score du PS.

>> A venir dans la journée de mercredi: une vidéo enregistrée à Solférino la veille, dans l'après-midi.