Légère hausse de la mobilisation, bataille pour la 3e place

SONDAGE A moins d'une semaine du scrutin, selon une enquête Ispos-SFR-Le Point-20 Minutes, la mobilisation remonte et les scores se resserrent...

David Carzon

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Ça ne change à rien à la tendance lourde abstentionniste, mais c’est un peu moins pire. La dernière vague du sondage Ispos-SFR-Le Point-20 Minutes montre un léger sursaut de la mobilisation avec 48% de votants potentiels contre 43% la semaine dernière. Petit bémol: cette estimation est encore en dessous des intentions de vote de 1999 et 2004 à une semaine du scrutin.

>> L'évolution des sondages depuis février: c'est par ici.

«Il faut donc s’attendre à des records d’abstention, prévient Jean-François Doridot, directeur général d’Ipsos. Ce sursaut s’explique par l’amplification de la campagne de ces dernières semaines.» Qui s’est mobilisé? «L’électorat de Ségolène Royal, ce qui explique la légère remontée du PS, analyse le sondeur. Contrairement à ce que je pensais la semaine dernière, le meeting Aubry-Royal a semble-t-il eu un impact: de 49% d’électeurs ayant voté Royal en 2007 qui ont l’intention de voter PS, on est passé à 62%. L’électorat de Nicolas Sarkozy s’est également remobilisé dans une moindre mesure, une augmentation de 5 points. Seul celui de François Bayrou ne bouge pas.» Grande stabilité dans les autres partis toutes tendances confondues.

Incertitude pour la troisième place

Aujourd’hui, le suspense s’est déplacé, le PS ayant stoppé la dynamique de baisse qui l’affectait depuis mars. Toutefois, il y a une réelle incertitude pour savoir qui arrivera à la troisième place entre un MoDem qui tombe à 12% et des Verts qui ne cessent de grignoter. Mais dans ce scrutin, l’évolution des différents blocs ne se fait pas par transferts de voix, mais est uniquement liée à la mobilisation. D’où la fragilité des équilibres actuels. «Avec une aussi faible participation, tout changement peut influencer le résultat final, estime Jean-François Doridot. A l’heure actuelle, on voit comment l’UMP pourrait perdre des voix, mais on voit mal comment le PS pourrait remonter à 24%. Sauf évolution notable de la participation.»