Michel Barnier et Rachida Dati, têtes de liste UMP en Ile-de-France pour les élections européennes, le 27 mai 2009 lors d'une meeting à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).
 Michel Barnier et Rachida Dati, têtes de liste UMP en Ile-de-France pour les élections européennes, le 27 mai 2009 lors d'une meeting à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). — REUTERS/Gonzalo Fuentes

EUROPEENNES

Un après-midi de campagne avec Michel Barnier

Visite d'un institut de formation professionnelle l'après-midi, meeting le soir, la tête de liste UMP pour l'Ile-de-France partage son agenda de ministre avec celui de candidat...

15h30, en face du Palais Bourbon (Paris 7e). L'attaché de presse de Michel Barnier fait les cent pas, le portable vissé à l'oreille. «Je viens d'avoir dix appels coup sur coup», soupire-t-il. Thomas Fené est en charge des relations presse de toute la liste UMP en Ile-de-France pour les élections européennes.

Ce mercredi après-midi, le numéro 1 de la liste est attendu dans un institut de formation professionnelle à Osny (Val d'Oise) pour promouvoir le rôle de l'Europe auprès des jeunes. Problème, il est aussi ministre de l'Agriculture. Lequel se trouve en ce moment même à l'Assemblée nationale, pour les questions au gouvernement. Sa colistière, Rachida Dati, n'est pas non plus au rendez-vous. Explication: «Elle devait se rendre à des obsèques.»
 
Trois quarts d'heure de retard

Son chauffeur pour la campagne, policier à la retraite et militant UMP de la première heure, est tout de même de la partie. Il conduira un des deux C8 loués pour tous les déplacements de l'équipe dans le cadre des élections. «Le ministre n'utilise bien sûr jamais sa voiture de fonction», souligne Gilles Laborde, 15e sur la liste et président des Jeunes actifs de l’UMP.

A 16h passé, Michel Barnier finit par s'engouffrer dans la voiture. Il est accompagné pour l'occasion de Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi. Le rendez-vous était fixé à 16h45. Bouchons obligent, le candidat aura trois quarts d'heure de retard.

Erasmus pour les apprentis

La visite des ateliers commence au pas de charge. Des étudiants en décoration de vitrines font part de leur désir de poursuivre leur formation en Europe. Ça tombe bien, répond Michel Barnier, l'UMP propose d'étendre le dispositif Erasmus aux formations professionnelles, apprentissage compris. «Aujourd'hui, seuls 4% d'étudiants en bénéficient», martèle-t-il.

Le parti de la majorité veut également mettre en place un pass transports valables dans toutes les métropoles européennes. Les étudiants hochent de la tête. Les élections européennes? «C'est dimanche non?», tente l'un d'entre eux. Eh, non, c'est la semaine d'après! «Avec les examens, je suis un peu embrouillé dans les dates.»

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La visite continue, atelier de maintenance, de productique mécanique, puis de cuisine. Ça fleure bon la crêpe au caramel. Mais le ministre/candidat n'a pas assez de temps pour une dégustation. Un meeting est prévu à 19h30 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), en présence de la crème politique locale et d'Alain Juppé (maire UMP de Bordeaux), qui a fait spécialement le déplacement. Après quelques questions de journalistes, axées essentiellement sur l'absence de Rachida Dati, Michel Barnier, un peu dépité, s'en retourne. C'est reparti pour un tour de C8 dans les bouchons.
 
Rachida Dati est à l'heure

Le meeting commence lui aussi avec une heure de retard. Mais la ministre de la Justice, cette fois-ci, est à l'heure. Son chauffeur y a veillé. La majorité des candidats de la liste francilienne est présente sur l'estrade. En face, un auditoire d'environ 1.000 personnes, dont Jean Sarkozy (conseiller général des Hauts-de-Seine), André Santini (secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique), Roger Karoutchi (secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement), Patrick Devedjian (président du Conseil général des Hauts-de-Seine et ministre de la Relance) et Patrick Balkany (député UMP des Hauts-de-Seine et maire de Levallois-Perret). Si les relations n'ont pas toujours été tendres entre ces deux-là, ce soir, l'heure est au rassemblement.

Chacun y va de son petit discours, répondant aux questions de militants préparées à l'avance. La comparaison entre la finale de la Ligue des champions à Rome et le match entre Ségolène Royal et Martine Aubry à Rezé (Loire-Atlantique) fait rire une assemblée conquise. Le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne est réitéré, l'importance d'intéresser les jeunes à l'Europe soulignée, la nécessité de préserver les valeurs communes aux pays membres martelée par un Jean-Marie Cavada (n°3) inspiré.
 
Rendez-vous avec les producteurs de lait

Vient le tour de Rachida Dati. Elle s'avance, bonne élève, sous les applaudissements. La question posée sur les jeunes et l'Europe. Le couplet est rôdé: «Erasmus, 4% d'étudiants seulement, mobilité, diplômes, chômage des jeunes, importance d'aller voter...» La prestation est réussie. La candidate a droit à un baiser de son colistier.

La Marseillaise retentit. Les candidats posent pour la photo de famille. La journée s'achève pour Michel Barnier. Jeudi, le ministre doit rencontrer les producteurs de lait. L'Europe n'est jamais bien loin.