Plus la campagne avance, moins elle suscite d'intérêt

ABSTENTION Les électeurs sont de moins en moins nombreux à vouloir se rendre aux urnes à mesure que le scrutin approche. Un fait exceptionnel...

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La participation s'annonce très faible.
La participation s'annonce très faible. — I. SIMON / SIPA

Ils ont d'autant moins envie de voter qu'ils trouvent la campagne mauvaise. Fait relativement exceptionnel, les électeurs sont de moins en moins nombreux à vouloir se rendre aux urnes à mesure que le scrutin approche. Le niveau de participation estimé partait déjà de très bas et les observateurs imaginaient qu'il ne pouvait que progresser. Ce n'est pas le cas. Selon le sondage Ipsos-SFR-Le Point-20 Minutes, la participation estimée est passée sous la barre des 40% et elle se rapproche même des 35%, des scores jusqu'ici réservés aux référendums. «On va vers un abstentéisme record», redoute Jean-François Doridot. D'autant que ce manque de motivation touche désormais l'ensemble des générations, et plus seulement les jeunes. On constate même une forte baisse du nombre de votants potentiels chez les plus de 60 ans.

Une impression renforcée par le fait que, hormis chez les Verts, chacun pense que ses propres candidats ne sont pas convaincants. «Les partis ne parviennent même pas à intéresser les plus politisés dans leur camp», note Ipsos. Ainsi, 52% des personnes interrogées trouvent que le PS mène une mauvaise campagne, des chiffres proches de ceux de Libertas, le parti porté par Philippe de Villiers. Chez les sympathisants du PS, on est presque dans la défiance: seuls 38% jugent que la campagne est plutôt bonne, 38% qu'elle est plutôt mauvaise, 24% ne se prononcent pas.