CAMPAGNE

Le vote-sanction ne rallie pas les suffrages

L'opposition ne parvient pas à ramener le débat des européennes sur la politique intérieure de Nicolas Sarkozy...

Martine Aubry, Harlem Désir, Olivier Besancenot... Au sein de l'opposition, ils sont nombreux, depuis le début de la campagne pour les élections européennes qui auront lieu le 7 juin, à appeler à un vote-sanction contre Nicolas Sarkozy. Ainsi, à Strasbourg, la semaine dernière, la première secrétaire du Parti socialiste a de nouveau critiqué le bilan national du président de la République. Tous ont en tête le dernier scrutin européen de 2004, où moins de deux mois après la claque des régionales, le président Chirac et son gouvernement avaient fait les frais de la colère des électeurs. Le PS avait recueilli presque 30 % des voix, contre 16,6 % à l'UMP.

Cette fois, si la contestation est de nouveau bien ancrée au vu des mouvements sociaux qui agitent le pays, elle semble avoir une moindre portée électorale. En effet, l'UMP est en tête des sondages : 26,5 % d'intentions de vote contre 22,5 % pour le PS et 14 % pour le MoDem, selon un sondage Ifop. « Dans les études que nous avons pu faire, il apparaît que la notion de vote-sanction ne prend pas à l'heure actuelle, explique François Miquet-Marty, directeur associé de l'institut Viavoice. D'une part, parce que la campagne n'a pas vraiment commencé et d'autre part, parce que les personnes interrogées ne font pas ou peu le lien entre la politique intérieure de Nicolas Sarkozy et les élections européennes. Mais cela peut évoluer très vite. »

Cette tendance, le parti de la majorité l'a bien comprise, alors elle joue le jeu à fond. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, ne cesse de répéter qu'il ne craint pas une confrontation avec le PS sur la question du bilan de Nicolas Sarkozy. Les tracts de l'UMP affichent même le visage du Président, une nouveauté alors que jusqu'ici, les partis au pouvoir évitaient de « franciser » les scrutins européens. « Il faut dire que pour les sympathisants UMP, le bilan de Nicolas Sarkozy à la tête de la présidence de l'Union européenne n'est pas si mauvais. Et voir une part de son dynamisme transposée à l'échelon européen n'est pas pour leur déplaire. »

De l'avis de plusieurs sondeurs, il y a surtout le fait que « face à la crise, les Français ont l'impression que Nicolas Sarkozy fait le maximum et qu'aucun autre ne serait vraiment capable de faire mieux ».

DÉPART Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et coordinateur de la campagne de l’UMP pour les européennes, ne devrait quitter le gouvernement qu’après ce scrutin. Il était initialement prévu qu’il le fasse début mai, pour se consacrer à la campagne.