Immobilier : 45 % des prêts sont refusés à cause du taux d'usure, les professionnels s'inquiètent

INVESTISSEMENT Plus de la moitié de ces refus de prêts immobiliers concerne les 30-55 ans, selon un sondage

20 Minutes avec agence
Illustration d'un dossier de prêt immobilier.
Illustration d'un dossier de prêt immobilier. — GILE MICHEL/SIPA

Près d’une demande de prêt immobilier sur deux (45 %) a été refusée depuis le 1er janvier 2022, selon un sondage réalisé pour le compte de l’Afib (association française des intermédiaires en bancassurance), rapporte France Info. En cause, le taux d’usure, c’est-à-dire le taux d’intérêt maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer. Il est fixé depuis le 1er juillet 2022 à 2,57 % pour les prêts de 20 ans et plus.

Les banques ont interdiction de prêter au-delà de ce taux, ce qui exclut de fait nombre de ménages du prêt immobilier. Le mécanisme est censé protéger le consommateur, « mais le problème, c’est que ce taux ne monte pas assez vite par rapport à la hausse des taux », explique Jérôme Cusanno, président de l’association. Selon le sondage, plus de la moitié de ces refus de prêts immobiliers concerne les 30-55 ans (51 %), « soit la tranche des actifs les plus aisés », ajoute le président.

Plusieurs alternatives

Cela concerne en premier lieu les prêts liés aux achats de résidence principale (71 %). « Les ventes dans l’immobilier ancien et dans le neuf sont déjà touchées », avertit Jérôme Cusanno, avec un impact potentiel sur les constructions et le secteur du BTP, premier employeur de France. Les frais de notaire et les droits de mutation pourraient également être touchés. L’État ne percevrait plus ces sommes, ce qui provoquerait un blocage de tout le système.

Selon l’Afib, plusieurs solutions existent pour « déscléroser » la situation, comme changer le mode de calcul du taux d’usure qui jusque-là est une moyenne du trimestre précédent, augmenté d’un tiers. L’Afib propose de l’augmenter de deux tiers. La Banque de France pourrait aussi augmenter le taux d’usure pour un mois ou mettre définitivement les assurances emprunteurs en dehors du TAEG (taux effectif annuel global). Car, actuellement, les taux emprunteurs sont remontés autour de 2 %, alors que les cinq dernières années étaient plutôt orientées à la baisse.