Saint-Étienne : Encore abordable, l’immobilier attire les investisseurs

DANS LA PIERRE Avec Limoges et Amiens, Saint-Etienne est l’une des villes les moins chères de France pour acquérir un bien immobilier. Le prix au mètre carré augmente plus lentement que la moyenne nationale, attirant investisseurs lyonnais et étrangers

Jennifer Lesieur
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La Cité du design, dans un quartier prisé de Saint-Etienne.
La Cité du design, dans un quartier prisé de Saint-Etienne. — XAVIER VILA/SIPA
  • Après une crise en 2008, les prix de l’immobilier à Saint-Etienne sont remontés plus lentement que dans d’autres communes françaises.
  • Les petites et moyennes surfaces sont une valeur sûre pour qui veut investir dans l’immobilier.
  • Des investisseurs étrangers commencent à délaisser Paris pour la Cité du design dont l’attractivité économique perdure.

Avec ses 171.000 habitants, sa Cité du design, sa proximité avec le Pilat, Saint-Etienne est régulièrement citée parmi les villes les plus attractives de France. Classement qui s’accompagne souvent d’une flambée des prix dans l’immobilier ? Pas ici. « Sainté » reste l’une des villes les moins chères pour investir dans la pierre, avec Limoges et Amiens. Alors qu’à 60 km de là, Lyon devient inabordable, Saint-Etienne séduit et attire les investisseurs. Pour les appartements, du moins.

« Ce qui reste toujours rentable, à Saint-Etienne, ce sont les petites et moyennes surfaces en appartement », confirme Gaëlle Royer, conseillère en immobilier chez Propriétés Privées. « Une grosse crise, en 2008, avait tout fait chuter, puis la courbe a remonté, mais la ville reste en plein essor : une métropole de cette taille, avec les services qu’elle propose, ne pourra que monter. »

Des prix qui changent à 300 m près

L’investissement va donc rester possible pour quelques années encore, avec une hausse des prix cohérente par rapport à la moyenne nationale : « Chaque année, on prend 2 ou 3 % du prix de l’année précédente en général », indique la conseillère.

L’immobilier stéphanois est toutefois difficile à appréhender pour un œil non averti : « Tout change d’un secteur à l’autre, à 300 m près. Sur les beaux quartiers, on peut monter à 1.800-1.900 euros le mètre carré, alors que des quartiers un peu moins prisés seront à 800-900 euros le mètre carré », rappelle Gaëlle Royer, en insistant sur l’importance de se faire accompagner par un professionnel.

Outre l’hypercentre, les quartiers les plus prisés sont « les secteurs Anatole-France et Tréfilerie, le cours Fauriel, Châteaucreux qui est en plein essor… » La Cité du design est attractive, « alors que, deux rues derrière, ça l’est un peu moins ! Autour de l’axe du tram, on reste sur de la valeur sûre ».

Des acheteurs venus de Lyon ou de beaucoup plus loin

Les acheteurs sont très variés, souvent lyonnais. Parmi eux, « des familles qui se sont senties à l’étroit pendant le confinement, et beaucoup d’investisseurs, dont des primo-accédants qui profitent de taux d’emprunt qui restent intéressants », explique Mahanina Randrianesy, mandataire immobilier chez EffiCity à Saint-Etienne.

Ce professionnel remarque d’ailleurs un nombre régulier d’investisseurs étrangers, qui délaissent Paris pour la province : « J’ai un client d’Amsterdam, qui a fait ses études à Saint-Etienne, il a vu le potentiel de la ville et est revenu pour acheter. Un autre client de Hambourg m’a contacté pour savoir ce qu’il y avait d’intéressant à acheter ici. »

Pour tout type d’acquéreur, les petites et moyennes surfaces sont les plus recherchées. « Plus les surfaces sont petites, plus elles sont chères au mètre carré, mais ce sont elles qui vont se revendre plus cher, et plus facilement », poursuit Mahanina Randrianesy. Avec une mise en garde cependant : « Je viens d’acheter moi-même pour 1.400 euros le mètre carré, là où on était plutôt à 1.200 euros il y a seulement un an ». Une hausse encore raisonnable, comparé aux 6,6% enregistrés à Lyon ces trois derniers mois.