Charges de copropriété: Les impayés ont fortement augmenté depuis dix ans

IMMOBILIER Cette hausse entraîne des difficultés à s'acquitter des dépenses courantes et le report de travaux pourtant nécessaires

20 Minutes avec agence

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Un immeuble à Strasbourg (illustration).
Un immeuble à Strasbourg (illustration). — G. Varela / 20 Minutes

Les impayés en matière de charges de copropriété ont connu une très forte hausse en dix ans. Un rapport publié en novembre dernier par le ministère de la Justice indique même que les recours en justice liés à ce type de dettes ont augmenté de 29 % entre 2007 et 2017.

En cause, l’envolée des montants des factures à payer par les propriétaires de biens immobiliers, explique Le Parisien. Mais aussi la flambée des prix des logements.

Des charges de copropriété plus lourdes

En effet, à cause des prix plus élevés dans l’immobilier, les acquéreurs s’endettent lourdement et disposent de moins d’argent pour leurs dépenses quotidiennes. Ils ont donc plus de mal à s’acquitter de leurs charges, surtout en cas de grands travaux dans la copropriété.

Le montant des charges courantes lui-même a connu une hausse de 40 % en dix ans, selon une étude de l’Association des responsables de copropriété (ARC), qui rassemble 14.000 regroupements de logements. Pourtant, sur la même période, l’inflation restait sous la barre des 10 %.

Plus de recours, moins de travaux

Aujourd’hui, « au moins une copropriété sur deux a des soucis de charges impayées, avec des conséquences souvent désastreuses », explique Emile Hagège, directeur de l’ARC. Le nombre des procès destinés à récupérer ces charges impayées est passé de 22.300 à 28.700 en dix ans, selon l’étude du ministère de la Justice.

Les départements les plus touchés par le phénomène sont l’Ile-de-France (11,2 % des recours) et les Alpes-Maritimes (10 %), devant la Seine-Saint-Denis (8,7 %) et les Hauts-de-Seine (5,1 %). En conséquence, les copropriétés ont des difficultés à régler les factures courantes. Mais aussi à engager des travaux, dont le report peut fragiliser les bâtiments, regrette Rachid Laaraj, fondateur du courtier en syndic Syneval.