The Babel Community, le co-living made in Marseille et bientôt partout en France

IMMOBILIER La société marseillaise à la base de ce concept innovant rue de la République entend se déployer dans plusieurs villes de France…

Caroline Delabroy

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L'atrium de la Babel Community à Marseille.
L'atrium de la Babel Community à Marseille. — Corentin Couvertier
  • The Babel Community, ouverte à l’automne 2017 à Marseille, séduit un public de jeunes actifs.
  • Studios et T2 sont loués au mois, dans ce lieu hybride qui compte une salle de sport mais aussi deux étages de co-working et un bar-restaurant.
  • Une nouvelle adresse doit ouvrir à Marseille en 2020, un autre prochainement à Montpellier, avant des projets à Lille, Grenoble et Paris.

Il avait signé pour quatre semaines, il est finalement resté six mois. Soit tout le temps de son passage à Marseille, pour un stage marketing au centre Bourse. Etudiant à l’EDHEC Business School de Lille, Gautier Muller, 20 ans, a poussé la porte de The Babel Community, rue de la République, parce qu’il « ne savait pas où aller, et ça avait l’air sympa ». Il a opté pour un studio au troisième étage, l’un des 80 logements que propose cet espace, le premier du genre à Marseille, qui mixe co-living, co-working (170 places, de l’open space au bureau particulier), bar et restaurant. La déco est sobre, moderne. Le placard est pensé en mode dressing, avec rayonnages pour les chaussures.

« Le loyer me semblait un peu cher au départ, mais il y avait tout de ce dont j’avais besoin : lave-vaisselle, frigo, connexion wifi, et même un service de conciergerie et un accès illimité à la salle de sport, témoigne-t-il. Le matin, quand tu descends, il y a du café et du thé en libre-service. Le co-living, je pensais que c’était juste un nom sympa. Au final, j’en ressors grandi. Je ne pensais pas connaître ça en France, des gens qui prennent le temps de se parler, de se connaître, cela m’a surpris. » Autre bonne surprise : l’étudiant, qui s’apprête à poursuivre son cursus international en Asie, a pu bénéficier des APL pour le loyer de son studio équipé (730 euros par mois).

Un « happiness manager » pour s’occuper de la communauté

« L’idée est de proposer un logement de qualité en centre-ville à des gens qui n’ont pas forcément le temps et l’envie de s’occuper de toutes les démarches, indique Christina Woonings-Apicella, directrice marketing de The Babel Community, concept novateur lancé à l’automne 2017 par Axis, groupe marseillais spécialisé sur le marché de la location meublée en ville. Nous voulons créer un écosystème hybride, proposer à nos résidents d’habiter ici, de travailler, se restaurer, s’amuser. Le but est de créer du lien en ville, de faire en sorte d’attirer les jeunes actifs. »

« Nous recevons beaucoup de personnes qui travaillent à la CMA et qui sont en mission ici et découvrent Marseille », remarque Barbara Vieilhomme, la « happiness manager » chargée d’accueillir les nouveaux membres de la Babel Community. « Je suis leur personne référente tout au long de leur séjour, je leur explique qu’ils vont être amenés à voir des gens tous les jours. J’organise chaque mois des soirées coworkers/colivers. Chaque semaine, il y a aussi un ciné-club. »

A voir le monde qui chaque soir fréquente le bar-restaurant, lieu tendance ouvert à tous, le public semble au rendez-vous. Selon Christina Woonings-Apicella, les logements sont remplis à 95 %. Bientôt, cinq nouveaux appartements vont être loués, cette fois à la colocation (à partir de 580 euros par mois, pour un grand salon commun, et une chambre ainsi qu’une salle de bains privée). A Marseille, The Babel Community investira courant 2020 le bâtiment des anciennes Galeries Lafayette, parties au centre commercial Prado. L’adresse comptera 160 logements en co-living, 100 postes de coworking et un restaurant en rooftop… Mais la société ne compte pas s’arrêter là, et surfer en avant-garde sur la vague du co-living : en septembre prochain, une Babel Community ouvrira à Montpellier, et dans les trois-quatre ans à venir, des projets doivent aboutir à Grenoble, Lille et Paris-Bercy.

Une tendance de fond du marché immobilier

Le co-living correspond à une tendance de fond du marché de l’immobilier. Selon Rosine Vanwalscappel, directrice opérationnelle chez Novaxia, leader du capital développement immobilier, il y a en France une trentaine de projets en passe d’être réalisés, notamment à Fontainebleau, sur le Plateau de Saclay et à la Station F. « Cela correspond d’abord à un besoin des jeunes travailleurs en transition entre la résidence étudiante et le moment où ils pourront payer leur propre appartement bien placé en centre-ville, explique-t-elle. Avec un espace privatif d’en moyenne 13 m², ils ont accès à des espaces beaucoup plus grands. Il y a un bon équilibre entre intime et partage. » A l’écouter, les communautés de co-living se formeront à l’avenir autour d’intérêts communs, comme le sport, la musique et pourquoi pas les familles monoparentales, pour mutualiser les modes de garde.

« Nous voudrions que Babel Community devienne un parcours de vie individuel pour les jeunes actifs qui ont une mobilité professionnelle, créer un sentiment d’appartenance à cette communauté de milléniums, dynamique, ouverte, cosmopolite et qui ose », affirme de son côté Christina Woonings-Apicella. On a pris le pouls auprès de Gautier Muller : à Marseille ou ailleurs, il retenterait l’expérience co-living sans hésitation.