Prix, taux de crédit… Que vous réserve le marché immobilier en 2017 ?

IMMOBILIER Après une année 2016 qualifiée « d’exceptionnelle », les prix continuent de remonter, notamment à Paris, tout comme les taux de crédit immobilier qui étaient descendus à un niveau historique…

Mathieu Bruckmüller

— 

Le marché immobilier de l'ancien en France a connu une année 2016 exceptionnelle avec de gros volumes de ventes.
Le marché immobilier de l'ancien en France a connu une année 2016 exceptionnelle avec de gros volumes de ventes. — ERIC PIERMONT / AFP

« Une parenthèse enchantée ». Pour Fabrice Abraham, le directeur général du réseau Guy Hoquet, le marché immobilier a connu en 2016 «  une année exceptionnelle ». Et pour cause, les Français se sont rués sur la pierre et les volumes de ventes de logements anciens ont explosé de plus de 10 %, pour atteindre un niveau jamais vu depuis les dix dernières années avec pas loin de 850 000 transactions.

Les prix chauffent à Paris

Résultat : en 2016, les prix – même s’ils ne sont pas remontés à la hauteur de la fin 2011 – ont augmenté de 1,4 % pour les appartements anciens et de 2 % pour les maisons, d’après une étude publiée mi-décembre par les Notaires de France. A Paris, la hausse des prix serait même de l’ordre de 6 % sur un an. « Ce marché dynamique s’explique pour deux raisons principales : des taux de crédit à l’habitat toujours bas et un phénomène de rattrapage après trois années d’attentisme », explique la chambre des notaires.

En effet, les particuliers ont bénéficié de taux de crédit à l’habitat qui ont atteint « des niveaux historiquement bas sur les 50 dernières années, explique Céline Roquelaure, directrice des études chez le courtier Empruntis. [Ces taux] ont profité à tous et ont notamment permis à de nouveaux ménages, notamment plus modestes et/ou primo-accédants, de mener à bien leur projet. Les dispositifs d’aide mis en place par le gouvernement ont eu également un impact non négligeable sur la demande en investissement locatif – grâce au dispositif Pinel – et sur la demande dans le neuf, portée par le prêt à taux zéro (PTZ). »

>> A lire aussi : Que va changer le nouveau prêt à taux zéro ?

Forte hausse du pouvoir d’achat immobilier depuis 10 ans

Selon le courtier Vousfinancer, « le taux d’emprunt moyen pour un engagement de vingt ans est passé de 2,40 % en janvier 2016 à 1,52 % début novembre ». Des conditions de financement optimales conjuguées à une baisse des prix de l’immobilier depuis 2011 qui ont permis aux Français « de voir le prix de leur achat immobilier baisser de 20 à 25 % », calcule Fabrice Abraham. Dans une étude publiée mi-décembre, les Notaires de France soulignaient de leur côté que le pouvoir d’achat immobilier des Français a augmenté depuis dix ans grâce à la baisse des taux dans toutes les agglomérations de 150 000 habitants, à l’exception de Bordeaux, et pour les appartements à Lyon.

Cependant, aujourd’hui, la baisse des taux a tourné court. Depuis la fin de l’année, Empruntis constate que les établissements bancaires relèvent un à un leurs barèmes. Dans des proportions limitées pour l’instant, de + 0,1 à + 0,15 point. Un phénomène qui s’explique notamment par la hausse de l’OAT, l’emprunt à dix ans émis par l’Etat français et qui sert de référence aux banques pour déterminer les taux fixes des crédits immobiliers. Mais ces derniers ne devraient pas s’envoler pour autant.

Vers une hausse des taux limitée ?

« Les crédits immobiliers sont le principal produit d’appel des banques pour conquérir de nouveaux clients », explique Céline Roquelaure. Elle envisage, tout comme Sandrine Allonier, responsable des relations banques de Vousfinancer, une remontée globale des taux de crédit de 0,5 point en 2017. Ce qui entraînerait, pour un emprunt de 200 000 euros sur vingt ans à un taux actuel de 1,5 %, un surcoût de 47 euros pour chaque mensualité, soit 11 202 euros sur la durée totale du prêt.

Mais cette remontée des taux ne touchera pas tous les clients de la même façon. Les bons dossiers, à l’image des couples primo-accédants ayant des revenus supérieurs à 70 000 euros par an, obtiendront toujours des rabais importants par rapport aux taux affichés par les banques. Et, pour l’instant, cette hausse des taux ne semble pas refroidir les ardeurs des acheteurs. Bien au contraire, « elle a déclenché une forte augmentation des demandes de prêt », explique Sandrine Allonier.

>> A lire aussi : Les prix repartent à la hausse alors que les taux de crédit sont au plus bas

Si cette hausse des taux reste mesurée et étalée au cours de l’année 2017, Laurent Vimont, président de Century 21, s’attend, dans ce contexte, à un marché toujours dynamique avec une hausse des prix de l’immobilier de 2 à 3 % en moyenne sur la France, mais qui pourrait atteindre 5 à 6 % dans certaines zones tendues comme à Paris.