Immobilier: Les choses à savoir pour faire une affaire à la rentrée

ECONOMIE Le marché de la pierre est à un tournant, selon les spécialistes...

N.Beu.
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Vue aérienne de Paris le 6 mars 2015.
Vue aérienne de Paris le 6 mars 2015. — SIPA

« Alors, c’est le moment d’acheter ? » Posez la question à un agent immobilier, et vous devriez logiquement recevoir une réponse contenant les mots « boules de cristal », « marc de café » ou « madame Irma ». En cette rentrée, à défaut d’être devenus des voyants, les spécialistes du marché ont tout de même lu la même chose dans la pierre : la reprise est en vue. Que cela signifie-t-il pour vous ? 20 Minutes fait le point sur les tendances.

Si vous voulez acheter…

Deux évolutions vous intéressent. D’abord, la fin de la baisse des prix. Si ces derniers varient selon les villes et même selon les sources, tous les observateurs évoquent une stabilisation, voire une légère hausse, après une baisse continue depuis 2011. Ensuite, la stabilisation des taux d’emprunt, après une longue chute, là encore depuis 2011. Deux indicateurs qui rendent logiquement l’achat moins accessible. Reste à savoir si tout cela va durer.

Sébastien de Lafond, président de Meilleursagents.com, y croit. Dans une étude parue ce jeudi, il explique que « le rapport de forces entre acheteurs et vendeurs actifs joue en faveur d’une hausse des prix », et que « la marge des banques augure d’une stabilité des taux ». « Les volumes de ventes vont entrer progressivement dans un nouveau cycle haussier », prévoit-il. Toutefois, nuance-t-il, « le changement de cycle peut s’étaler sur plusieurs mois et ne couvrira pas toute la France avant 12 (zones dynamiques) à 18 mois (zones rurales) ». Le temps de faire des affaires ?

Si vous voulez vendre…

Les propriétaires semblent déjà retrouver de la vigueur et de l’agressivité sur le marché. « Les offreurs n’hésitent plus à proposer à la vente des biens qui, il y a quelques mois encore, n’auraient pas trouvé preneurs au prix affiché », assure ainsi Michel Mouillart, l’auteur du Baromètre LPI-Se Loger, qui chiffre à 1,5 % la progression des prix signés sur les trois derniers mois.

En juillet, les ventes ont progressé de 12,3 % en glissement annuel, selon ce même baromètre, soit leur plus haut niveau depuis l’été 2011. Pour l’année, la progression de l’activité devrait ainsi être de 8 à 10 %, si les conditions de crédit ne se dégradent pas. Parallèlement à l’augmentation des prix signés, les marges de négociation, elles, ont reculé pour s’établir à 5 % en moyenne sur la France entière.

A noter, enfin, un petit changement en cette rentrée : en vertu de la loi Macron, le délai de rétractation des acheteurs passe de sept à dix jours. Trois jours supplémentaires durant lesquels votre acheteur peut vous faire faux bond sans avoir à se justifier.

Si vous voulez louer ou mettre en location…

Bonne nouvelle pour les étudiants. Comme à la rentrée 2014, les loyers d’août 2015 sont en diminution à Paris et dans les principales villes de province, selon le baromètre du site Location-etudiant.fr. Les montants demandés aux locataires ont diminué dans 68 % des villes pour les studios et dans 78 % des agglomérations pour les deux-pièces. C’est la première fois que les loyers sont en baisse à Paris depuis plus de dix ans.

Dans la capitale, toujours, la rentrée est marquée par l’entrée en vigueur de l’encadrement des loyers. Pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 1er août, les loyers doivent respecter des valeurs limites fixées par arrêté préfectoral. Résultat : alors que 46 % des annonces proposaient un loyer supérieur au loyer majoré entre janvier et fin juillet, cette proportion est descendue à 29 % en août, selon l’étude Meilleursagents.com. « Il est trop tôt pour parler d’un impact sur les loyers mais il semble se passer quelque chose », explique Sébastien de Lafond.

Un quelque chose qui pourrait toutefois avoir des conséquences négatives pour les propriétaires, selon Laurent Vimont, le président de Century 21. « On a déjà constaté le départ de bailleurs vers le marché de la location saisonnière, indique-t-il. A terme, l’encadrement des loyers pourrait bien assécher le parc locatif et même le détériorer, en réduisant les moyens financiers des bailleurs des moyens consacrés à l’entretien de leur logement. » Après Paris, Lille et Grenoble pourraient adopter le dispositif.