Toucher du bois, un savoir-faire

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Concevoir, reproduire ou restaurer des meubles en bois de différents styles ou époques : tel est l'objectif de l'ébéniste. Héritier d'un savoir-faire transmis de génération en génération, cet artisan le perpétue avec brio. Un métier qui requiert dextérité, patience, goût et humilité.

  • Ses missions

Au fond d'une cour dans un immeuble du 18e arrondissement de Paris se situe l'atelier d'ébénisterie Jamet. Spécialisé dans la restauration de meubles du xviie et xviiie siècles, il compte sept salariés, dont Alain Guéroult qui y travaille depuis quinze ans et a remporté le titre du Meilleur ouvrier de France en ébénisterie en 1997. « Nos clients ? Le château de Versailles, le musée Getty en Californie, les monuments historiques, des collections publiques et privées... », indique-t-il. Sur les murs de l'atelier, des étagères sont remplies de matériaux nobles (laiton, écaille, corne) et d'essences de bois (amarante, acajou, palissandre, ébène, merisier). Actuellement, Alain Guéroult s'attelle à redonner sa splendeur à une petite table en marqueterie Boulle du xviiie siècle. « Après l'avoir recollée, j'ai réparé son placage constitué d'écaille et de laiton. Les morceaux manquants sont découpés avec une petite scie dans une feuille de laiton et d'écaille », explique Alain Guéroult. Pas question pour autant de changer la nature du meuble : « Un ébéniste restaurateur participe à la conservation du patrimoine. Je dois donc préserver l'authenticité du meuble et prolonger son existence le plus possible ». Un travail minutieux qui nécessite des trésors de patience : « Je passe en moyenne 150 heures sur un meuble si bien que lorsqu'il repart chez son propriétaire, j'ai souvent un pincement au coeur. »

  • Les débouchés

Ils ne sont pas très porteurs en France car le nombre d'ateliers s'est beaucoup réduit ces dernières années. Les professionnels de la restauration tirent mieux leur épingle du jeu que ceux qui exercent dans la fabrication. Toutefois, les ébénistes français sont très cotés à l'étranger, notamment en Grande-Bretagn et aux Etats-Unis.

  • Les salaires

En début de carrière, un ébéniste gagne généralement 1200 euros brut et 2 800 euros brut en fin de carrière.

Delphine Bancaud