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DialogueTable ronde au ministère pour essayer de sortir du conflit chez Clestra

Strasbourg : Table ronde au ministère pour essayer de sortir du conflit chez Clestra

DialogueÉlus et dirigeants de Clestra, spécialiste des cloisons de bureau basé près de Strasbourg dont les salariés sont en grève depuis début juillet, devraient se parler ce mardi au ministère de l’Industrie
L'entrée de l'usine Clestra, à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin).
L'entrée de l'usine Clestra, à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin).  - T. Gagnepain / 20 Minutes
Thibaut Gagnepain

T.G. avec AFP

L’avenir de Clestra se joue peut-être ce mardi. Une table ronde doit réunir ce matin, au ministère de l’Industrie, élus et dirigeants du spécialiste des cloisons de bureau basé près de Strasbourg dont les salariés sont en grève depuis début juillet, eux qui craignent un démantèlement.

La table ronde est prévue « afin de faire le point sur la situation » de l’entreprise basée à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) « et déterminer les voies et conditions d’une éventuelle résolution », selon le courriel de la délégation interministérielle aux restructurations d’entreprises.

La direction de Clestra Metal, rebaptisée il y a peu Unterland Metal, « participera à la table ronde », a indiqué cette dernière, disant espérer que cette réunion « donnera lieu à des discussions constructives nous permettant d’entrevoir une sortie du conflit ». « Nous restons déterminés à assurer la pérennité des activités de l’entreprise », a poursuivi la direction. Selon elle, son projet de « redressement », présenté l’an passé lors de la reprise de l’entreprise par le groupe familial Jestia, « sans impact sur l’emploi, est le seul à même de garantir le rebond de l’activité ».

« On veut des avancées concrètes »

Des représentants du Comité social et économique (CSE) seront également présents, a indiqué Amar Ladraa, membre du CSE. Selon lui, « plus de 90 % » des 140 salariés sont en grève depuis le 3 juillet. Ils redoutent le démantèlement de l’entreprise et demandent des garanties sur le maintien de l’emploi et de l’activité comme selon eux Jestia s’y était engagée en échange de 5 millions d’euros d’aides publiques. « On veut des avancées concrètes […] On a eu trois médiations qui n’ont rien donné », a déclaré le syndicaliste. Les salariés « sont déterminés » à poursuivre le mouvement mais si « on arrive à trouver un terrain d’entente […], le travail peut reprendre immédiatement ».

« On veut le maintien des emplois et le transfert de l’ensemble des activités [de production] d’Illkirch » en cours vers le nouveau site non loin de là, au port autonome de Strasbourg, a insisté Amar Ladraa. Selon la CGT, ces nouveaux locaux sont toutefois beaucoup plus petits que les actuels et le syndicat redoute que ce transfert ne cache à terme une réduction de l’activité et des suppressions d’emplois.

Des élus Insoumis attendus mercredi sur place

Plusieurs députés LFI, dont Mathilde Panot, cheffe des Insoumis à l’Assemblée nationale, viendront soutenir les grévistes mercredi à 14h30 devant l’entreprise, a annoncé dans un communiqué le député LFI du Bas-Rhin, Emmanuel Fernandes. Celui-ci s’est félicité de la tenue de cette « première table ronde » au ministère de l’Industrie. Fin août, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le secrétaire national du PCF Fabien Roussel étaient venus apporter leur soutien aux grévistes. Sophie Binet avait alors dénoncé la situation « scandaleuse » dans laquelle se trouve ce « fleuron de l’industrie française », « leader mondial des cloisons de bureau ».

Fondée en 1913 à Cleveland (Etats-Unis) avant de s’implanter en Alsace, l’entreprise est devenue française en 1989 sous le nom de Clestra, contraction de Cleveland et Strasbourg. Clestra avait été placée en redressement judiciaire le 1er août 2022. Jestia avait repris en octobre dernier la plupart des activités sur le site historique d’Illkirch, où travaillent également 70 salariés de la branche administrative et commerciale, Clestra News, selon la CGT.

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