Volontaires pour une aventure à l'étranger

Delphine Bancaud

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Les voyages forment la jeunesse. Y com­pris dans le monde professionnel. Des entreprises françaises proposent ainsi des missions courtes à l'étranger, par le biais du volontariat international en entreprise (VIE) ou en administration (VIA). Une aubaine en temps de crise quand les CDI se font plus rares. Ce dispositif, accessible aux personnes âgées de 18 à 28 ans, de tous niveaux de formation, leur permet d'intégrer une entreprise (ou une ambassade, une collectivité, une ONG) implantée à l'étranger pour une durée de six à vingt-­quatre mois. A l'heure actuelle, les cinq premiers pays d'affectation des VIE et des VIA sont les Etats-Unis, la Chine, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Belgique. « On est loin de la logique de stage, mais bien dans celle d'une pré-embauche, ce qui implique donc des missions d'envergure pour le jeune », précise Stéphane Perchenet, directeur du Centre d'information sur le volontariat international (Civi).

Le volontaire peut ainsi occuper un poste de contrôleur de gestion ou d'attaché culturel, participer à la réalisation d'études de marché, développer un portefeuille de clients... Pas question non plus de rémunérer l'employé comme un stagiaire : « Le volontaire touche une indemnité comprise entre 1 200 et 2 500 euros net selon le coût de la vie du pays dans lequel il se trouve, sachant que le salaire moyen est généralement de 2000 euros. » Bon à savoir : cette indemnité n'est pas imposable. Par ailleurs, l'employeur paie les frais de transport et aide généralement à trouver un logement. Et le volontaire bénéficie d'une protection sociale pour les frais médicaux, de maternité et de rapatriement sanitaire.

Quant aux intérêts professionnels d'une telle aventure, ils sont multiples. Cette expérience internationale permet aux jeunes de se familiariser avec une autre culture et d'améliorer leur maîtrise d'une langue étrangère. Mais aussi de gagner en maturité.

Du coup, 70 % des volontaires sont embauchés en CDI par leur entreprise d'accueil. Pour les autres, le VIE constitue une excellente carte de visite, comme en témoignent les messages postés sur le forum du club des anciens accessible sur www.civiweb.com (espace candidats). Résultat, le bouche à oreille ­fonctionne aujourd'hui à plein. « En janvier 2009, 45 000 personnes étaient inscrites sur le site www .civiweb.com. En juin, ils étaient 60 000 », révèle Stéphane Perchenet.

Et fait nouveau : les jeunes ayant déjà eu une première expérience en entreprise viennent grossir les rangs des candidats au départ alors, qu'auparavant, le dispositif était plutôt utilisé par des personnes fraîchement diplômées. Reste à savoir si les entreprises sauront répondre à l'appétit de ces globe-trotters... W