Les Français, peu piqués par la bougeotte

Delphine Bancaud

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On les croyait prêts à prendre la poudre d'escampette

pour tenter leur chance à l'étranger. Force est de constater que les Français sont toujours peu enclins à la mobilité comme le montre un sondage 20 Minutes/France Info, réalisé par l'institut Obea/Infraforces. Près de 70 % des personnes interrogées déclarent n'avoir jamais envisagé de partir à l'étranger.

Un résultat qui ne surprend pas Jean-Pierre Pont, rédacteur en chef du magazine Vivre à l'étranger : « Les Français manquent d'esprit d'aventure et sont mal informés sur les opportunités d'emploi à l'étranger. Par ailleurs, les hommes politiques ne se sont pas saisis du sujet. » Point positif cependant : les jeunes ont davantage envie de partir travailler à l'étranger que leurs aînés (44 % des 18-24 ans contre 24 % des 45 ans et plus), « car ils ont plus voyagé que leurs parents, notamment pour effectuer un stage ou une période d'études à l'étranger », commente Jean-Pierre Pont. Pour l'heure, la mobilité reste d'ailleurs l'apanage des moins de 45 ans, des cadres et dans une moindre mesure des professions libérales.

La crise change-t-elle la donne ? Pas vraiment car seulement 35 % des sondés estiment que les emplois à l'étranger sont devenus plus attractifs. Et ils s'accordent pour dire qu'une expérience professionnelle hors de nos frontières constitue un plus sur un CV ou que les salaires proposés y sont attractifs. Enfin, lorsqu'on interroge les Français sur les destinations qu'ils plébisciteraient pour partir travailler à l'étranger, ils citent d'abord le Canada, l'Angleterre, les Etats-Unis, la Chine, l'Allemagne, l'Australie et la Suisse. « La première place du Canada n'est pas surprenante car ce pays a toujours bien su communiquer sur les opportunités qu'il offre. En revanche, il est étonnant que des pays comme la Belgique, le Luxembourg, l'Espagne ou l'Italie ne soient pas cités car ils proposeront de nombreuses offres d'emplois dans les années à venir », note Jean-Pierre Pont. Et de souligner que « l'Europe constitue un véritable eldorado pour les candidats à l'expatriation car elle leur permet de conserver une protection sociale de qualité, des éventuels droits au chômage et de capitaliser des points retraite ». Jean-Pierre Pont n'oublie pas non plus les pays du Golfe qui recherchent de plus en plus de cadres. Avis aux aventuriers ! W