Rebondir grâce au contrat d'insertion

Delphine Bancaud

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Réconcilier performance économique et solidarité, un défi qui semble impossible. Pourtant, un millier d'entreprises d'insertion (EI) le relève en France. Ces structures, associatives ou sociétales, vendent des biens et des services, comme toute entreprise du secteur privé. Leur particularité ? Elles remplissent aussi une vocation sociale en accueillant des personnes en situation d'exclusion pour leur apporter un savoir-faire. L'objectif : leur permettre d'accéder ensuite au marché de l'emploi classique. « Il peut s'agir de RMistes, de jeunes sans qualification, de chômeurs de longue durée, d'ex-­détenus... », énumère Sophia Chikirou, du Comité national des EI, qui rassemble 70 % de ces structures. Elles sont dirigées vers une entreprise d'insertion par le Pôle emploi ou une mission locale. « Mais chaque EI sélectionne ses salariés selon ses propres critères », indique Sophia Chikirou.

Les candidats retenus signent ensuite un contrat d'insertion d'une durée maximale de 24 mois (renouvelable dans quelques cas) et sont rémunérés au minimum au smic. « Pour chaque embauche de ce type à temps plein, l'entreprise reçoit 9 681 eur de l'Etat, une somme qui compense leur moindre productivité, et finance notamment l'accompagnement des personnes en insertion », explique Sophia Chikirou.Une fois en poste, le salarié bénéficie d'une sorte de tuteur en entreprise qui le forme à un métier et lui apprend les codes professionnels. « Bien souvent, des cours d'alphabétisation sont aussi dispensés. Certaines EI accompagnent aussi leurs salariés en insertion vers une formation qualifiante ou les aident à payer leur permis de conduire », décrit Sophia Chikirou. Des bilans réguliers sont réalisés afin d'analyser leurs progrès et leurs blocages. Ceux qui rencontrent des difficultés sociales (problème de logement, surendettement...) sont également épaulés par un chargé d'insertion. Une démarche d'accompagnement global qui porte généralement ses fruits. W