La reprise d'entreprises, un filon à explorer

Delphine Bancaud

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En période de crise, les alternatives au salariat sont très convoitées par les chercheurs d'emploi. Outre la création ou la franchise, la reprise d'entreprises constitue une piste intéressante, comme l'explique Yannick Hoche, responsable de la reprise et transmission d'entreprises à l'APCE (Agence pour la création d'entreprises) : « Si l'affaire tourne bien, le repreneur à la quasi-garantie de s'assurer une bonne rémunération. Une entreprise qui a su maintenir son activité dans le contexte actuel prouve qu'elle a une bonne capacité de résistance. Par ailleurs, le taux de survie des entreprises reprises est de 76 % au bout de trois ans, contre 66 % pour celles qui sont créées ex nihilo. » Quant aux opportunités, elles ne manquent pas car 500 000 entreprises seraient à reprendre dans les dix prochaines années.

Mais gare à la précipitation : « Parfois, le manque de préparation des repreneurs les conduit à abandonner leur projet en cours de route », explique Yannick Hoche. D'où l'intérêt de suivre une formation avant de se lancer afin de structurer sa démarche. Les Cédants et repreneurs d'affaires (CRA), Advancia, l'Ecole des managers ou bien encore certaines écoles de commerce (l'Essec, l'EM Lyon, HEC...) proposent des programmes variant de quelques semaines à trois mois pour se familiariser avec la gestion, la stratégie, la fiscalité, le marketing... Une fois ces connaissances acquises, il reste à déterminer quel type d'entreprise l'on souhaite reprendre. « Mieux vaut cibler une affaire dans un secteur que l'on connaît déjà », conseille Yannick Hoche. La question de la taille de l'entreprise dépend ensuite généralement du capital de départ du repreneur, sachant que la majorité des affaires à céder sont des très petites entreprises (TPE) de moins de deux salariés. Enfin, pour éviter les mauvaises surprises, il est important de se faire assister par un expert-comptable ou un avocat spécialisé dans la transmission, qui pourra faire un audit approfondi des comptes et négocier son prix. ■