Bretagne : Au parking à cause du télétravail, des voitures de fonction prêtées aux demandeurs d’emploi

MOBILITE La région Bretagne met à disposition certains véhicules de service que ses agents n’utilisent plus

Camille Allain

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En Bretagne, des voitures à l'arrêt en raison du télétravail sont prêtées à des jeunes demandeurs d'emploi.
En Bretagne, des voitures à l'arrêt en raison du télétravail sont prêtées à des jeunes demandeurs d'emploi. — C. Allain / 20 Minutes / Canva
  • Avec le recours au télétravail, de nombreuses voitures de service sont à l’arrêt.
  • En Bretagne, une concession a décidé d’en prêter aux jeunes à la recherche d’un emploi. Le conseil régional a eu la même idée.
  • Dans certains secteurs ruraux où l’emploi n’est pas concentré, la mobilité des demandeurs d’emploi passe par la voiture.

Avec le recours massif au télétravail, bon nombre de voitures restent au garage ou au parking. Chez les particuliers mais aussi dans les entreprises et dans les collectivités locales, pourtant riches de plusieurs milliers de véhicules de fonction un peu partout en France. En Bretagne, le conseil régional est ses 4.000 agents ne sont pas épargnés. Avec le télétravail, la chute du nombre de réunions en présentiel et la quasi-absence d’événements, le personnel et les élus bougent beaucoup moins. Sollicitée par différentes structures très intéressées par ces voitures squattant des parkings, la collectivité a décidé d’en prêter quelques-unes. Un geste simple qui va pourtant permettre à des personnes de décrocher un emploi. Car dans certaines zones, avoir une voiture n’est pas un choix, c’est une nécessité.

Lilandra a 20 ans et habite à Louargat, à l’ouest de Guingamp, dans les Côtes-d’Armor. Titulaire du permis de conduire, la jeune femme n’a pas encore la chance d’avoir une voiture, faute de moyens. Elle a réussi à trouver un job comme remplaçante dans un Ehpad de son village où elle peut se rendre à pied. Mais qu’en sera-t-il à la fin du mois ? « Avec une voiture, je pourrais aller faire des remplacements ailleurs mais sans ça, je ne peux pas ». Souvent en difficulté pour recruter, les établissements pour personnes âgées des environs seraient pourtant bien contents d’accueillir la jeune femme. Lilandra a donc sollicité l’aide de sa Mission locale pour l’emploi, qui lui a proposé une voiture louée pour la modique somme de deux euros par jour. « On le faisait déjà pour des scooters ou des vélos électriques. Mais passée une certaine distance, il faut une voiture », explique Laurent Quefferus, le directeur de la Mission locale de Guingamp.

« Quand on n’a pas de voiture, c’est un vrai handicap »

Dans cette partie de la Bretagne, on ne compte pas de métropole et les transports en commun sont loin d’être aussi efficaces qu’en ville. Ici, l’emploi n’est pas concentré et l’habitat est éclaté. « Les entreprises se sont créées là où les patrons habitaient. Quand on n’a pas de voiture, c’est un vrai handicap », poursuit Laurent Quefferus. En fin d’année dernière, le directeur de la Mission locale a convaincu le patron de la concession Beyou Volkswagen de lui prêter deux petites citadines pour offrir une meilleure mobilité aux jeunes. Alors quand il a croisé le président de région début 2021, il n’a pas hésité à lui rappeler qu’un grand nombre de voitures de service dormaient sur les parkings des antennes du conseil régional. Et il a obtenu le prêt de quatre voitures supplémentaires. « C’est un test. On va regarder comment ça fonctionne, qui s’en sert, pendant combien de temps. Si ça marche bien, on aimerait bien développer un vrai système de location pour aider un maximum de jeunes. La forme reste à définir mais c’est en bonne voie ».

Vendredi, la mission locale de Lannion, où le dispositif est également en place, a reçu la visite de la ministre chargée de l'égalité des chances Elisabeth Moreno au sujet de ce dispositif baptisé « En route vers l’emploi », qui s’est montrée très intéressée par cette initiative locale. « Quand on est jeune, on a tous envie de s’acheter une voiture mais ça coûte cher. Si on nous en prête une pendant quelques mois, ça peut nous permettre de travailler pour économiser. Cette idée, je la trouve super », résume Lilandra. La jeune femme espère qu’elle pourra s’offrir son premier véhicule dans quelques mois. Un synonyme de liberté. Et presque une nécessité dans le milieu rural.

D’autres voitures déjà en prêt

Depuis, la région Bretagne a récidivé et a prêté six voitures à l’association Optim’ism, qui œuvre pour une meilleure mobilité des personnes en recherche d’emploi à Lorient et dans les environs. Des véhicules qui ont permis à la société de produits de la mer Cité Marine de recruter plus facilement, elle qui galérait à pourvoir certains postes sur son site un peu isolé de Kervignac. L’association Wimoov, installée à Carhaix, a également obtenu deux véhicules.