Bretagne : L’industrie agroalimentaire a 6.000 postes à pourvoir

RECRUTEMENT Le secteur est parfois boudé des demandeurs d’emploi en raison de son image « vieillotte et pénible »

Camille Allain

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Illustration d'une usine d'agroalimentaire, ici chez un cidrier en Bretagne.
Illustration d'une usine d'agroalimentaire, ici chez un cidrier en Bretagne. — C. Allain / 20 Minutes
  • En pleine forme, l’industrie agroalimentaire peine à trouver de la main-d’œuvre en Bretagne.
  • Une Semaine de l’emploi est organisée du 16 au 22 novembre pour faire la promotion du secteur, dont l’image n’est pas toujours reluisante.
  • Les professionnels du secteur vantent « la diversité de métiers » qu’ils proposent sur l’ensemble du territoire breton.

Il y a ceux qui sont à l’arrêt forcé. Plombées par la fermeture des restaurants, certaines entreprises de l’agroalimentaire serrent les dents en attendant des jours meilleurs. Et puis il y a les autres. Celles qui turbinent pour nourrir une France de nouveau confinée​ et qui a tendance à se faire plaisir au rayon alimentaire. Premier secteur économique breton, l’industrie agroalimentaire fait travailler des dizaines de milliers de personnes dans la région. Passée par des périodes compliquées avec la fermeture de quelques géants, la filière se porte beaucoup mieux et « ne cesse de grossir », selon Marie Kieffer.

Lucide, la déléguée générale de l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA) s’inquiète davantage des difficultés de recrutement que du dynamisme de son secteur. « Pendant le premier confinement, nous étions l’une des seules industries qui tournait à plein régime », rappelle-t-elle. La crise sanitaire mondiale ferait-elle planer la menace d’une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur ? « Non, nous n’avons pas de pic de demande. Les besoins de recruter existaient avant l’épidémie. Le risque, c’est qu’il y ait un impact sur la production si les postes n’étaient pas pourvus », prévient Michel le Bot, président de la Commission pour l’emploi et la formation du secteur agroalimentaire.

Mais les faits sont là. S’il reste un gros pourvoyeur d’emplois, l’agroalimentaire peine à attirer les candidats. « Nous souffrons d’une image vieillotte, un peu ringarde et pénible. Les conditions de travail ont pourtant été nettement améliorées, d’autant que nous proposons une grande diversité d’emplois, y compris des cadres. Tout le monde peut y trouver son compte. Il faut que nous le fassions savoir », poursuit Marie Kieffer. Pour tenter de se faire connaître, l’industrie a noué un partenariat avec Pôle emploi et organise du 16 au 22 novembre une Semaine de l’emploi « spéciale agro en Bretagne ». « Nous engageons nos 37 agences pour être au plus près des candidats. Nous savons que la proximité est une des clés. Si c’est à plus de 30 km de chez eux, les candidats n’y vont pas », explique Frédéric Sévignon, directeur régional de Pôle emploi.

Des cuisiniers ou pâtissiers au chômage viennent à l’aide

A l’approche des fêtes de Noël, l’industrie agroalimentaire doit en plus faire face à des demandes accrues de main d’œuvre. D’après Pôle emploi, 6.000 postes sont actuellement à pourvoir dans la région. Dans certains secteurs géographiques, les RH sont même « en chasse » pour pourvoir les postes. « Nous sommes sur un secteur en tension car il y a beaucoup d’entreprises agroalimentaires. On a de la concurrence, surtout en cette période », reconnaît Cyrielle Le Fresne, chargée des ressources humaines de l’entreprise Tallec. Installée à Bannalec, dans le Finistère sud, la société de salaisons emploie 200 personnes mais cherche 70 renforts pour monter la cadence en vue des fêtes de fin d’année.

Concurrencée par ses voisins comme l’abattoir Bigard ou les sociétés ostréicoles, l’entreprise pourrait trouver son bonheur dans le malheur de certains secteurs d’activité à l’arrêt, comme la restauration. « Nous avons été contactés par des cuisiniers ou des pâtissiers qui ne peuvent plus travailler à cause du confinement. Nous allons pouvoir leur apporter un contrat de saison », avance Cyrielle Le Fresne.