Un tour de France à la rencontre des gamers handicapés

INITIATIVE Trois passionnés s’engagent pour l’inclusion dans les jeux vidéo en partant à la rencontre de gamers en situation de handicap dans toute la France

Antoine Coste Dombre

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Alexandre (à gauche), Christopher Klippel et l’équipe du tour Tous gamers.
Alexandre (à gauche), Christopher Klippel et l’équipe du tour Tous gamers. — Tous gamers
  • Christopher Klippel a créé le tour de France Tous gamers en 2018 avec deux amis.
  • Ils ont tourné deux saisons de sept épisodes. Une troisième est en préparation.
  • Leur objectif ? Changer le regard sur les joueurs handicapés.

Deux saisons de sept épisodes et des milliers de kilomètres parcourus. Christopher Klippel, journaliste, et ses deux comparses Nicolas et Lucas ont déjà traversé la France deux fois pour leur initiative Tous gamers. L’idée : partir une semaine à la rencontre de joueurs en situation de handicap, raconter leur histoire et découvrir leur façon de jouer, parfois inédite. Le projet est né en 2018 et les trois amis planchent déjà sur la troisième édition.

« L’idée remonte à mars 2016, lors d’un voyage à Paris avec mon meilleur ami. On réfléchissait à une solution pour parler du handicap et de l’accessibilité dans le jeu vidéo, explique Christopher Klippel. Son frère est devenu tétraplégique à la suite d’un accident, on avait besoin de s’engager sur ce sujet. » Très vite, l’idée de la vidéo est apparue évidente. « Il fallait montrer ces gamers, leur façon de jouer, les rencontrer. On s’est dit : “Et si on faisait un tour de France ?” »

Deux premières éditions fructueuses

Le premier road trip, réalisé bénévolement, a mis du temps à s’organiser, mais a reçu un bel accueil : « On ne s’attendait pas à recevoir autant de demandes de joueurs ! » Parmi les sept gamers rencontrés par l’équipe en 2018, Théo, 23 ans. « J’essaie de montrer que l’on peut atteindre le haut niveau, et battre des joueurs valides, malgré un handicap », explique le jeune homme, tétraplégique depuis ses 8 ans.

« Nous avons pris une énorme gifle lors du premier tour. Toutes ces rencontres nous ont donné une leçon de vie, on a eu envie de faire plus », témoigne le journaliste. Pour la deuxième édition de leur tour de France, les trois amis ont pu compter sur des aides plus conséquentes, notamment grâce à une plateforme de financement participatif. « De plus en plus de gamers et de curieux, handicapés ou non, nous encouragent. »

Le jeu comme vecteur d’entraide

Alexandre, joueur semi-pro de 26 ans, n’a plus l’usage de ses jambes. Il a découvert Christopher en visionnant les épisodes de la première saison : « Très peu de médias se penchent sur l’inclusion des personnes en situation de handicap dans le jeu vidéo. J’ai été touché par ce projet. » Ces deux premières éditions encourageantes ont donné d’autres idées à Christopher et son équipe. « Pour la prochaine saison, nous voulons ouvrir le sujet aux publics en difficulté sociale. Prouver encore une fois que les jeux vidéo peuvent être des vecteurs d’entraide et d’inclusion ». La partie est donc loin d’être finie.