Comment faciliter l’accès aux études pour les personnes handicapées ?

Formation Malgré des progrès ces dernières années, à peine un quart des personnes handicapées ont un niveau bac ou supérieur, contre près de la moitié de l’ensemble de la population

Juliette Desmonceaux

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L'alternance est une solution à envisager pour les jeunes handicapés qui veulent se former.
L'alternance est une solution à envisager pour les jeunes handicapés qui veulent se former. — Getty Images
  • La Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées se déroule du 18 au 24 novembre.
  • Les élèves handicapés ne sont pas encore tous scolarisés normalement.
  • Une formation est prévue par la loi pour les accompagnants d’élèves handicapés, mais elle est insuffisante selon l’association de parents d’élèves handicapés Unapei.
  • Pour accéder aux études, les jeunes handicapés se tournent vers l’alternance.

Un espoir déçu. En 2005, la loi Handicap prévoyant la scolarisation des enfants handicapés en école ordinaire permettait aux familles de croire qu’ils pourraient suivre des études comme les autres. Si presque 96.000 élèves handicapés ont rejoint les bancs de l’école en cinq ans, d’après les chiffres de 2018 de l’Education nationale, l’écart reste important entre valides et handicapés.

« Il y a beaucoup plus de familles qui tapent à la porte de l’école, mais il reste une différence entre la loi et sa mise en application », pointe du doigt Ernestine Ngo Melha, docteure spécialiste des questions d’éducation et de handicap. A peine un quart des personnes handicapées accèdent à des études supérieures, contre 49 % pour l’ensemble de la population, selon un rapport de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) de 2018.

Une école « véritablement inclusive »

Pour que les choses bougent, l’école doit devenir « véritablement inclusive », affirme l’association de parents d’élèves handicapés Unapei, dans un plaidoyer paru l’an dernier. Le collectif clame que l’école, actuellement « inadaptée » à ce public, a besoin de se réformer. Il demande notamment un aménagement des programmes et la mise en place d’une formation à destination des enseignants. La loi de février 2019 a permis de répondre à l’une des revendications de l’association, en instaurant une formation de soixante heures pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).

« On a créé des CDD de trois ans renouvelables, qui peuvent se transformer en CDI ensuite. L’objectif est de créer 80.000 emplois pérennes d’ici 2020 », ajoute le ministère de l’Education nationale. Insuffisant pour lutter contre la précarisation de ces accompagnants, payés 600 euros par mois pour vingt heures de travail hebdomadaire, selon Ernestine Ngo Melha. « Il faut sécuriser leurs emplois car beaucoup partent en cours d’année », assure la chercheuse.

L’alternance, une solution efficace

Pour permettre à des jeunes handicapés de se former, de plus en plus de contrats en alternance aménagés sont proposés. Une solution efficace puisque six personnes handicapées en apprentissage sur dix ont ensuite trouvé un emploi, selon l’Agefiph. Afin d’aider ces jeunes à bien s’insérer, l’association accompagne ensuite des entreprises pour qu’elles adoptent une politique de recrutement plus inclusive. Une démarche essentielle pour faire bouger les mentalités.

Inégalités entre handicaps

L’accès aux études supérieures est plus élevé chez les personnes atteintes de troubles visuels, auditifs ou moteurs. Représentant 15 % des élèves handicapés en primaire, ils constituent la moitié des étudiants handicapés post-bac en 2018, selon l’association APF France handicap.