A Rungis, une maison partagée où cohabitent personnes handicapées et valides

HANDICAP Depuis 2017, des personnes atteintes de troubles cognitifs et des valides vivent ensemble dans la maison partagée du Belvédère, gérée par l’association Simon de Cyrène

Juliette Desmonceaux

— 

Didier, 61 ans (à droite), avec deux autres résidentes de la maison partagée.
Didier, 61 ans (à droite), avec deux autres résidentes de la maison partagée. — V.Point/ 20 Minutes
  • La Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées se tient du 18 au 24 novembre.
  • Six personnes handicapées et autant d’assistants de vie cohabitent depuis deux ans au Belvédère, une des trois maisons partagées de la communauté Simon de Cyrène à Rungis (Val-de-Marne).
  • La structure est non médicalisée, pour donner plus d’autonomie aux résidents.
  • L’entraide est au cœur de leur vie commune.

« Quelqu’un veut du thé ? », lance Fatima d’une voix guillerette. Le léger crissement du fauteuil roulant de Mélinda se fait entendre au bout du couloir. Une dizaine de résidents prennent place dans le salon. Certains sont handicapés, d’autres valides, mais tous vivent ensemble dans la maison partagée du Belvédère. Située au sein d’une communauté de vie installée à Rungis (Val-de-Marne), la structure est non médicalisée.

Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée.
Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée. - V. Point/20 Minutes

Depuis 2017, elle accueille six personnes atteintes de lésions cognitives et autant d’assistants de vie. Chacun vit dans un studio, mais partage repas et activités avec les autres résidents. Ce type d’établissement alternatif est apparu en France il y a dix ans, sous l’impulsion de l’association Simon de Cyrène, pour favoriser l’autonomie et l’inclusion des personnes handicapées.

Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée.
Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée. - V. Point/20 Minutes

Des ateliers théâtre pour la mémoire et les émotions

Lunettes-loupes sur le nez, Mélinda décrypte son texte et s’exclame : « Tu as déjà fait de la radio, toi ? Je t’invite dans mon émission, Radio Potin ! » La quinquagénaire en fauteuil électrique poursuit sa matinée avec un atelier théâtre en compagnie d’autres résidents. L’activité leur permet de travailler sur le langage. Un exercice utile pour Mélinda, victime d’un AVC en 2008 : « J’ai retrouvé des choses au niveau de la mémoire ou des émotions. »

Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée.
Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée. - V. Point/20 Minutes

Dans son studio orné de photos de Charles Aznavour, Didier, 61 ans, s’est trouvé un nouveau chez lui. « Contrairement au centre de rééducation où j’étais avant, on s’aide les uns les autres. Moi, par exemple, j’achète le pain le matin et j’aide pour le linge », explique le résident, victime d’une crise cardiaque il y a quelques années. Pour Baudoin, 23 ans, assistant de vie, cette cohabitation entre handicapés et accompagnants est le principal atout du Belvédère.

Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée.
Six personnes handicapées et six assistants de vie cohabitent dans cette structure non médicalisée. - V. Point/20 Minutes

Autre différence avec une structure médicale : les résidents ont davantage de liberté.
Martin Bonfait, responsable du Belvédère, assure : « Ils sont plus autonomes, vont eux-mêmes à leurs rendez-vous. Leur quotidien est proche d’une vie classique. » Une façon d’envisager leur situation de manière positive et de gommer un peu leur différence.