Marseille : Le McDonald’s de Saint-Barthélémy placé sous procédure de sauvegarde

COMBAT Le restaurant McDonald’s de Saint-Barthélémy à Marseille a été placé sous procédure de sauvegarde, mais un placement en redressement judiciaire est toujours possible

20 Minutes avec AFP

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Les salariés de McDonald's devant le tribunal de Marseille.
Les salariés de McDonald's devant le tribunal de Marseille. — Christophe Simon / AFP
  • Le McDonald’s de Saint-Barthélémy, dans les quartiers Nord de Marseille et symbole d’une lutte des salariés pour sauver leurs emplois, a été placé sous procédure de sauvegarde.
  • Mais le propriétaire, Jean-Pierre Brochiero, devra comparaître devant le tribunal le 13 novembre prochain en vue d’un éventuel placement en redressement judiciaire.

Le McDonald's de Saint-Barthélemy, au cœur du long combat de ses salariés pour sauver leurs emplois, a été placé sous procédure de sauvegarde mercredi par le tribunal de commerce, à la demande du patron franchisé. Le tribunal de commerce de Marseille a fixé la fin de la période d’observation au 2 avril 2020. D’ici là, le franchisé, Jean-Pierre Brochiero, qui avait mis en avant l’endettement « insoutenable » de ce fast-food des quartiers Nord, devra comparaître devant le tribunal le 13 novembre afin de justifier de ses capacités financières pour assurer la poursuite de l’activité.

Le tribunal statuera alors sur l’utilité de poursuivre la période d’observation ou la nécessité au contraire de convertir la procédure de sauvegarde en redressement judiciaire. Dans son jugement rendu mardi, le tribunal précise qu’il peut à tout moment de la procédure prononcer la liquidation judiciaire « si le redressement de l’entreprise est manifestement impossible ».

Sacrifice d’un restaurant pour un syndicaliste ?

Une liquidation judiciaire est justement la crainte des salariés de ce fast-food : « McDonald’s veut faire faire le sale boulot par le tribunal. Ils n’ont aucune intention de sortir ce restaurant de l’ornière, nous sommes face à une faillite organisée », avait plaidé Me Ralph Blindauer, l’avocat des salariés, à l’audience du 25 septembre.

Selon les salariés, Jean-Pierre Brochiero n’a jamais procédé aux investissements qui permettraient de relancer l’entreprise, comme l’ouverture d’une seconde ligne de « drive » ou la vente à domicile par exemple. Franchisé de six McDonald’s à Marseille et ses environs, Jean-Pierre Brochiero en avait cédé cinq à un autre franchisé installé sur Marseille en septembre 2018. Mais il n’a jamais réussi à vendre celui de Saint-Barthélemy, un restaurant non viable selon lui, sauf à réduire la masse salariale de 400.000 euros. Afin de réduire cette masse salariale, Jean-Pierre Brochiero avait présenté au printemps un plan de réorganisation comprenant sept licenciements. Fin juillet l’inspection du travail avait refusé trois de ces licenciements, dont celui de Kamel Guemari, salarié protégé en raison de son mandat syndical.

« Le seul but de McDo et de M. Brochiero a en fait toujours été de se débarrasser de M. Guemari, ce syndicaliste qui les dérange depuis des années », a encore accusé Me Blindauer mardi auprès de l’AFP : « Et pour cela ils sont prêts à sacrifier un restaurant et l’ensemble de ses salariés ». Kamel Guemari, délégué du personnel FO, était arrivé dans ce McDo en 1998, à 16 ans. Il en est désormais sous-directeur. Début juin il avait fait savoir à McDonald’s France « son souhait de réduire son salaire de 30 %, (voire) jusqu’au SMIC ».