Strasbourg : Les viticulteurs alsaciens peinent à recruter pour les vendanges

VITICULTURE Le profil des candidats vendangeurs a changé, explique Pôle Emploi et les professionnels du secteur

Angélique Férat

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Les vendanges sont fixées au 12 septembre en Alsace pour les vins non pétillants
Les vendanges sont fixées au 12 septembre en Alsace pour les vins non pétillants — Pixabay
  • C’est le début des vendanges en Alsace. Mais une pénurie de main-d’œuvre gêne les viticulteurs.
  • Pôle Emploi indique avoir reçu seulement 1.285 candidatures pour 2.102 offres.
  • Le profil des candidats vendangeurs a changé. Fini les étudiants, place aux retraités.

Les vendanges ont débuté mercredi en Alsace pour les crémants. On peut désormais voir des vendangeurs déambuler sécateur à la main dans les vignes. Seul ombre au tableau, certains viticulteurs cherchent encore de la main-d'œuvre.

Si Pôle Emploi a sa cellule Vendanges depuis des années, le système semble se gripper. Fini le temps où les vendanges attiraient des milliers de chômeurs. François Picard de l’agence Pôle emploi à Colmar annonce des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : « Pour l’instant, nous avons 2.102 offres de travail pour 1.285 candidatures. Cette année, on a clairement plus de difficultés que les autres années. »

« Les étudiants, c’est fini »

Comment expliquer cette situation ? « Le chômage a baissé dans la région de Colmar, il est descendu à 3.4 % de la population active. ». D’autant que le profil des candidats vendangeurs a évolué. « Les étudiants, c’est fini. Aujourd’hui, on recrute des quinquas, voire des gens qui ont plus de soixante ans », explique Daniel Kadur directeur de l’agence d’intérim Flexiwork de Wintzenheim.

Des changements observés sur le terrain par Francis Backert, viticulteur à Dorlisheim, lors de ses dernières embauches. « On voit des actifs venir. Ils prennent une semaine de congé pour faire les vendanges. Et on a de plus en plus de retraités qui se présentent. C’est une grosse partie de mes vendangeurs. Cette année, j’ai même deux anciens cadres de l’Industrie qui viennent pour le plaisir. L’un a plaisanté que c’est la première fois qu’il va travailler pour le SMIC. »

Un travail au SMIC

Pour certains retraités, ces vendanges sont surtout l’occasion de gagner de quoi améliorer leur quotidien. Comme l’explique Bernard Kirmser, recruté par un viticulteur de Châtenois, près de Sélestat, qui se définit comme un « retraité moyen ». « On s’en sort mais la paie des vendanges va nous payer des vacances ou des extras qu’on ne peut plus se payer maintenant qu’on est à la retraite. »

S’il n’est pas encore retraité, Freddy, 58 ans, commencera les vendanges lundi 16 septembre à Turckheim. Au RSA (Revenu de solidarité active), il peut cumuler son activité avec ses indemnités. « Je touche 550 euros par mois, ce n’est pas assez pour vivre, confie-t-il. On vient de me couper le gaz et l’électricité. » Ce quinquagénaire assure que le travail physique ne lui fait pas peur. Il apprécie aussi les vendanges pour son ambiance et les rencontres. « Après, je retourne vivre avec mon père à Mulhouse pour diminuer mes frais. »