Handicap: comment faire du bien-être au travail un objectif accessible à tous?

RELAX L’entreprise Assystem Technologies veille à ce que chacun de ses employés en situation de handicap profite d’aménagements pour travailler en toute sérénité…

Emilie Cochaud

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Erika a 22 ans. Elle rejoint l’Esat–Image arts graphiques en 2012 à la fin de ses études à l’IRJS (Institut régional des jeunes sourds). Elle est sourde.
Erika a 22 ans. Elle rejoint l’Esat–Image arts graphiques en 2012 à la fin de ses études à l’IRJS (Institut régional des jeunes sourds). Elle est sourde. — Erika/Esat
  • Les postes de travail doivent être aménagés en fonction des handicaps.
  • Il est important de former et de sensibiliser les autres employés aux spécificités d’une pathologie.
  • Les aménagements doivent être réalisés sur l’ensemble des lieux de travail d’une personne en situation de handicap.

Mettre un baby-foot à côté de la machine à café et offrir des séances de massage feront peut-être des heureux au bureau. Mais, pour un salarié en situation de handicap, le bien-être, c’est d’abord « pouvoir venir sans avoir la boule au ventre et être à l’aise dans son travail », lance Cristelle Jacq, responsable de la mission Handicap d’Assystem Technologies. Concrètement, cela passe avant tout par l’aménagement du poste. Un défi à grande échelle lorsqu’on emploie plus de 5 000 personnes, dont une centaine de techniciens et d’ingénieurs en situation de handicap.

Comme tous les autres collaborateurs, ils peuvent être amenés à travailler dans les locaux d’Assystem Technologies, disséminés un peu partout en France, mais aussi en mission chez des dizaines de clients, de Thalès à Airbus en passant par la SNCF. « On a par exemple un collaborateur qui travaille le lundi dans nos bureaux, sur le site d’un client du mardi au jeudi et le vendredi en télétravail. Cela fait trois lieux, donc trois aménagements différents que l’on prend en charge. »

Sensibilisation et pédagogie

Pour les troubles musculo-squelettiques, l’adaptation du poste se fait relativement rapidement : siège ergonomique, écran déporté, services de transport adaptés, etc. Mais, lorsque la pathologie est un peu moins connue et que le collaborateur part en mission, les choses se corsent. « La mise en place peut durer jusqu’à deux mois entre les allers-retours avec le client, le manager et le retour de la médecine du travail », explique Cristelle Jacq.

Assystem Technologies mise sur des journées de sensibilisation et de la pédagogie : expliquer comment communiquer avec une personne malentendante, comment réagir face à un handicap psychique, pourquoi un employé handicapé d’Assystem Technologies doit avoir le droit d’utiliser le parking du client même s’il n’est « que » prestataire, etc

« C’est beaucoup de relationnel, d’humain », résume Cristelle Jacq. Les mentalités évoluent, mais les réticences restent nombreuses dans le monde de l’ingénierie. « Si on arrive à faire tomber les préjugés, les tabous, on gagne beaucoup de temps, rappelle-t-elle. Tout le monde a intérêt à ce que le collaborateur puisse travailler à 100 % de ses capacités. »