Au Cap emploi, les agents cherchent avant tout des solutions concrètes pour les personnes handicapées

Insertion Cap emploi soutient les personnes en situation de handicap dans leur recherche de travail et leur projet professionnel…

Antoine Coste Dombre

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Des agents de l'Agence Cap emploi de Paris.
Des agents de l'Agence Cap emploi de Paris. — A. Chhiti
  • Les agences de Cap emploi sont spécialisées dans l’aide à la recherche de travail pour les personnes en situation de handicap.
  • 19 % des personnes handicapées sont en recherche d’emploi. 57 % le sont depuis plus d’un an.
  • Les agents du Cap emploi se déplacent parfois dans les entreprises pour proposer des aménagements.

Lorsque l’on passe la porte d’entrée, rien ne distingue l’accueil du Cap emploi de Paris d’une agence classique du Pôle emploi. Pas de fauteuils roulants, ni d’accompagnateurs en blouses blanches, mais une femme souriante à l’accueil, ainsi que quelques affiches et prospectus.

« Il faut déconstruire les clichés, s’exclame Françoise Bidgrain, la responsable de l’antenne parisienne. Notre mission première est de sensibiliser. Le handicap n’est pas un frein à l’orientation professionnelle ! » Et pourtant, entre idées reçues, craintes des employeurs et parcours chaotiques, la réalité est souvent dure pour les chômeurs en situation de handicap en France. Ils étaient 19 % à chercher un emploi en 2017, près du double par rapport à l’ensemble de la population.

Le handicap en moteur, mais l’emploi avant tout

« Il nous faut bien évidemment tenir compte de la problématique de santé, celle-ci est au cœur de notre activité, poursuit la responsable. La pathologie va-t-elle être un frein ? Dans quelles conditions est-il possible de travailler avec son handicap ? Ces questions sont fréquentes. » Pas question pour autant de voir le handicap comme la problématique principale, mais plutôt comme une donnée parmi d’autres. « On demande à nos candidats de ne pas parler de leur pathologie aux employeurs potentiels, mais des spécificités et aménagements nécessaires, précise Amour Arinloye, chargé de mission. La différence est importante. »

Pour ces conseillers, aucune formation préalable sur le handicap n’est demandée. Une bonne chose pour Maryse Ladouceur, chargée de mission conseil en évolution professionnelle : « Nous sommes sensibilisés lors de notre intégration au service, mais notre métier, c’est l’emploi. » Ces conseillers aident les demandeurs dans leurs recherches, tout en gardant en tête le fait que « le projet professionnel d’une personne – réorientation ou reconversion – n’est pas forcément lié à sa pathologie. »

Combattre la stigmatisation par la sensibilisation

La réalité est pourtant le handicap, et souvent lui seul. « Des entreprises nous appellent pour savoir quelle est la pathologie du candidat, car elles ont peur, soupire Amour Arinloye. Pourtant, je n’ai vu qu’une seule personne en fauteuil en neuf ans passé à Cap emploi. Les entreprises doivent entendre que ce n’est pas ça l’important. » Sa collègue Christelle Davoust confirme : « Il faut lever les stéréotypes ! On ne propose pas une personne handicapée, mais un professionnel en capacité de travailler. »

Les conseillers répondent aux sollicitations des entreprises, leur proposent des candidats tels des cabinets de recrutement, se déplacent sur place afin d’offrir des solutions concrètes : « Matériel, gestion du stress, position assise/debout, pauses supplémentaires, mi-temps… Nous essayons de réfléchir à toutes les possibilités. » Des dispositions indispensables pour « des personnes qui vont souvent minorer leurs problèmes et leurs limites, de peur de ne pas avoir de travail ».

A l’agence de Paris, 28 conseillers s’occupent de 3 500 personnes en situation de handicap. Un ratio similaire à Pôle emploi, mais pour une réalité différente : une période de chômage plus longue pour les personnes en situation de handicap (57 % en recherche depuis plus d’un an contre 45 % sur l’ensemble des demandeurs d’emploi en France). Des moyens équivalents pour un challenge plus difficile à relever.