Rennes: «Ça devient problématique»... Pourquoi les employeurs galèrent à recruter?

EMPLOI Plus de 500 postes sont à pourvoir au salon des 24 Heures pour l’emploi et la formation qui se tient jeudi à Rennes…

Camille Allain

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Illustration d'une agence Pôle Emploi.
Illustration d'une agence Pôle Emploi. — SIPA
  • La capitale bretonne galère à recruter dans de nombreux secteurs comme l’industrie, le bâtiment, la logistique, le commerce…
  • Les candidats auraient davantage de poids aujourd’hui dans les négociations.

Ils pensaient séduire une trentaine de recruteurs. Ils en accueilleront plus de cinquante. D’ordinaire implantés dans la région Hauts-de-France, les organisateurs du salon des 24 Heures pour l’emploi et la formation ont découvert le dynamisme économique de la région rennaise. Jeudi, ils seront au Couvent des Jacobins avec plus de 500 offres à pourvoir au plus vite. Mais toutes ne le seront pas.

Depuis deux ans, la reprise économique s’est clairement fait sentir et la capitale bretonne ne rechigne pas à jouer son rôle de locomotive régionale. Mais les offres d’emploi sont tellement nombreuses que beaucoup ne trouvent pas preneur. « Ça devient problématique », admet Virginie Huguel, co-gérante de l’agence intérim Temporis à Cesson-Sévigné. Là où il lui fallait « trois coups de fil » pour dégoter un manutentionnaire, la jeune femme doit aujourd’hui sonder une cinquantaine de candidats.

La manutention n’est pas le seul secteur concerné. Les transporteurs sont en grosse pénurie. Mais l’industrie, le bâtiment, la propreté, les aides aux personnes, les sociétés d’informatique ou toutes les boîtes à la recherche de commerciaux stressent aussi de ne pas trouver de main-d’œuvre. « C’est très tendu. On n’envoie même plus de CV. Aujourd’hui, on ne recherche plus des compétences mais le savoir être », poursuit la gérante de l’agence intérim.

« Le candidat est en position de force »

Les demandeurs d’emploi ne sont-ils plus là ? Avec un taux de chômage établi à 6,9 % au premier trimestre, le bassin de Rennes est nettement en deçà de la moyenne nationale (8,2 %). Des milliers de personnes restent cependant en quête d’un job, mais pas à n’importe quel prix.

« On sent qu’il y a un équilibre vie pro et vie perso qui est recherché. Certains candidats ne veulent pas travailler le samedi, ce qui est compliqué pour nous. On essaie de composer avec les contraintes de chacun. Le candidat est en position de force aujourd’hui », témoigne Emelyne Rouxel, chargée de recrutement chez Blot Immobilier.

36.000 offres en ligne

Si certains recruteurs acceptent des concessions, ils refusent pour l’heure d’abattre la carte d’une meilleure rémunération. « On n’en est pas là. Les entreprises misent plutôt sur la qualité de vie au travail pour se démarquer », estime Frédéric Sévignon, directeur régional de Pôle Emploi. Trente-six mille offres sont actuellement en ligne sur l’antenne régionale du site.