Alerte emploi. La Bretagne cherche 1.200 chauffeurs routiers et galère à les trouver

OFFRE POLE EMPLOI Le secteur de la logistique est en pleine croissance dans la région...

Camille Allain

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Illustration de conducteurs de poids lourds, ici sur la rocade de Rennes.
Illustration de conducteurs de poids lourds, ici sur la rocade de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • La Bretagne cherche à recruter au moins 1.200 conducteurs de poids lourd.
  • L'activité est en nette reprise et les entreprises sont toutes en quête.
  • De nombreux chauffeurs partent à la retraite.
  • Les femmes sont encore très minoritaires dans le métier. 

Vous avez le permis poids-lourd ? Vous cherchez du boulot ? Alors venez en Bretagne. Dans la région, les besoins en recrutement sont énormes et préoccupent les entreprises du secteur. Après une enquête menée à la rentrée, la Fédération des transports routiers de Bretagne a recensé 1.500 emplois à pourvoir, dont près de 1.200 comme conducteurs routiers. Un rapport qui illustre « la tension rencontrée par le secteur transport-logisitique », selon la FNTR. « Cette estimation, c’est un minimum. Le véritable chiffre se situe sans doute entre 2.000 et 3.000 chauffeurs à recruter chaque année », estime Anthony Rouxel, délégué régional de la fédération.

Plombée par les très nombreux départs à la retraite, la profession est désertée. « De 2008 à 2013, l’activité était en berne, les entreprises ont moins formé », poursuit le délégué régional. Pour le directeur des ressources humaines du transporteur Stef, « il n’y a pas moins de conducteurs, mais il y a plus d’entreprises qui recherchent ». Renaud Bouet reconnaît cependant que la population de conducteurs « est vieillissante » et que la profession « souffre d’un problème d’attractivité ». Sa société cherche 500 conducteurs, dont 100 rien qu’en Bretagne.

« On souffre d’une image »

Car ici comme partout en France, les transporteurs profitent en plus de la reprise économique. Les volumes sont en hausse et les besoins de main d’œuvre vont de pair. « En Bretagne, on travaille beaucoup sur les produits frais. Si on manque de conducteurs, cela pourrait générer des tensions dans les livraisons », estime Anthony Rouxel.

Pour tenter d’appâter le candidat, chaque entreprise fait valoir ses arguments. Treizième mois, mutuelle, prévoyance, participation, mobilité géographique… « On met en avant nos avantages. On ne l’a pas toujours fait », poursuit le DRH de Stef.

Reste l’épineuse question de la mixité. « On y travaille mais on en est loin. On souffre d’une image, alors que le métier a beaucoup changé. On peut rentrer tous les jours chez soi. Et il n’y a plus besoin d’avoir de gros bras pour transporter 20.000 tonnes de marchandises par an », promet le représentant de la fédération des transports routiers.