Union Européenne: Les salariés français parmi les plus exposés à la dégradation des conditions de travail

SOCIAL La France est l’un des pays de l’UE les plus touchés par la dégradation des conditions de travail avec la Grèce et l’Espagne, d’après une étude publiée ce mardi…

C.P. avec AFP

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Ouvriers mettant du du goudron sur un parking d un particulier Le Mans (Sarthe), le 27 juillet 2017.
Ouvriers mettant du du goudron sur un parking d un particulier Le Mans (Sarthe), le 27 juillet 2017. — GILE MICHEL/SIPA

« Une dégradation lente mais persistante des conditions de travail, engendrant ainsi une vulnérabilité face aux risques liés au travail supérieure à la médiane européenne ». La nouvelle étude comparative intitulée « Mesurer la vulnérabilité à la dégradation des conditions de travail dans les pays européens », dresse un tableau très sombre de la situation des salariés français.

La France parmi les trois pays les plus exposés

Selon cette étude publiée ce mardi par leCentre d’études de l’emploi et du travail (CEET), la France fait partie avec la Grèce et l’Espagne, des trois pays de l’UE où les salariés sont les plus exposés à une dégradation de leurs conditions de travail.

La vulnérabilité est définie « comme le degré d’exposition des travailleurs à des risques cumulés sur le lieu de travail, ayant des effets néfastes pour le bien-être et la santé ». Elle est calculée par le CEET sur la base d’un indicateur agrégeant des facteurs liés à l’environnement de travail, « qu’il soit physique ou social » et des facteurs liés « au contenu et à l’organisation du travail (forte intensité du travail, faible complexité, horaires atypiques). Cet indicateur est alimenté pardes données des cinq dernières éditions de l’enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS).

Des salariés des pays nordiques mieux lotis

Dans trois pays (Grèce, Espagne et France), la probabilité ainsi mesurée dépasse largement la moyenne entre 1995 et 2015. Elle est également importante au Portugal, en Italie, au Royaume-Uni et en Finlande.

Au contraire, les pays nordiques, à l’exception de la Finlande, ainsi qu’une grande majorité des pays d’Europe centrale se distinguent par de meilleures conditions de travail et par une moindre vulnérabilité de leurs travailleurs, souligne l’étude.

Inégalités selon l’âge et le sexe

Selon cette étude, le risque de voir ses conditions de travail dégradées varie selon le sexe. « Les femmes sont ainsi plus vulnérables que les hommes, toutefois cette tendance n’est pas commune à tous les pays : en France et en Irlande, le risque de dégradation des conditions de travail est plus prononcé pour les hommes que pour les femmes », écrivent les auteurs.

Outre le sexe, la probabilité de connaître des conditions de travail dégradées varie « considérablement par tranche d’âges » et est, en moyenne, plus élevée pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans.

D’autres variables sont le type d’emploi et le niveau de qualification : « les travailleurs indépendants et ceux pourvus de contrats de travail à durée déterminée sont plus exposés au risque de mauvaises conditions de travail. De même, les travailleurs non ou faiblement qualifiés, travaillant dans le secteur privé au sein de petites entreprises sont en moyenne plus vulnérables à la dégradation de leurs conditions de travail » écrivent les auteurs.