Hommes, femmes, mode d'emploi

Delphine Bancaud

— 

Aider à résoudre des difficultés conjugales, informer sur la sexualité, la contraception, la prévention des maladies sexuellement transmissibles, réaliser des entretiens préalables à l'IVG, accueillir des personnes victimes de violences : voilà quelques-uns des défis que doivent relever les conseillères conjugales et familiales (CCEF). Un métier encore peu connu du grand public et presque exclusivement féminin.

Ses missions

Dans une précédente vie, Béatrice Maret était commerciale. C'est à l'issue d'un congé parental qu'elle a décidé de changer de cap et de travailler dans le social. Devenue CCEF, elle travaille depuis cinq ans au centre d'information et de documentation des femmes et des familles de Lyon. « Chaque semaine, je reçois une vingtaine de personnes ou de familles en entretien. Certaines viennent me consulter car elles se posent des questions sur la sexualité, la contraception ou l'arrivée d'un enfant dans la famille. D'autres traversent une crise dans leur couple, subissent des violences, ont peur de la retraite..., explique-t-elle. Je ne travaille que sur le présent, jamais sur le passé. Mon rôle consiste à ouvrir un espace de parole, à aider la personne qui me consulte à prendre du recul face à son problème et à trouver ses propres solutions. » En général, quatre à cinq entretiens sont nécessaires pour débloquer la situation. Parallèlement, Béatrice Maret anime des stages d'insertion professionnelle et familiale pour des RMistes ou des femmes seules ainsi que des groupes de parole sur le veuvage ou la monoparentalité.

Les débouchés

Selon un rapport de l'inspection générale des affaires sociales (Igas) sur le statut des CCEF paru en octobre 2006, celles-ci seraient 2.200 en France. Leurs principaux employeurs : les centres de planning familial des hôpitaux, les conseils généraux, les communes, les centres d'information et de documentation des femmes et des familles et les associations. Quant à l'exercice libéral, il se développe timidement. Le rapport révèle aussi que l'âge moyen des CCEF est de 52 ans, ce qui indique que des places seront à prendre dans les prochaines années.

Les rémunérations

L'enquête de l'Igas révèle de fortes disparités salariales: le salaire moyen d'une CCEF serait de 1.842 eur net, mais un tiers d'entre elles gagnerait entre 1.254 eur et 1.881 eur net.

Témoignage
Béatrice Maret, conseillère conjugale et familiale à Lyon
satisfactions
«J’aime voir les gens évoluer positivement au fur et à mesure de nos rencontres. Quelle joie de constater ainsi que certaines femmes retrouvent le sourire quelques semaines après leur premier entretien avec moi!»
contraintes
«Les métiers du social ne sont pas très valorisés dans la société, alors que nous répondons à une forte demande de personnes en souffrance. Par ailleurs, nous devons parfois faire face à l’agressivité des personnes qui nous consultent.»