Présidentielle: Comment Marine Le Pen et Emmanuel Macron comptent faire baisser le chômage

EMPLOI Le nombre de chômeurs a globalement augmenté depuis 2012, malgré un reflux à la fin du mandat de François Hollande…

Nicolas Raffin

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Illustration Pôle emploi
Illustration Pôle emploi — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Ce mercredi soir, la publication des chiffres duchômage de fin de mois ne manquera pas d’être très commentée, à dix jours du second tour de la présidentielle. Grand défenseur de « l’inversion de la courbe », François Hollande affiche un bilan en demi-teinte sur ce point. Entre mars 2016 et mars 2017 (derniers chiffres connus), on compte 31.900 chômeurs de moins inscrits en catégorie A de Pôle emploi, selon la Dares. Mais sur le quinquennat (mai 2012- mars 2017), c’est presque 600.000 personnes qui sont venues grossir cette liste.

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Les deux finalistes de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, proposent bien évidemment toute une série de mesures pour redonner du travail aux 3,5 millions de chômeurs (de catégorie A) que compte le pays. Petit passage en revue de propositions phares sur le sujet.

Baisser le coût du travail

Les deux candidats misent sur une baisse des cotisations salariales et/ou patronales pour diminuer le coût du travail. « Avec cette démarche, le but est de redonner de la compétitivité aux entreprises, note Bruno Ducoudré, économiste à l’OFCE. Le travail coûte moins cher et favorise les créations d’emplois ».

Emmanuel Macron promet par exemple de supprimer les cotisations salariales d’assurance-chômage et maladie, et de les remplacer par une hausse de la CSG (contribution sociale généralisée). « Selon nos calculs, le gain net pour un salarié au Smic sera de 900 euros par an » avance Erwann Tison de la fondation Concorde, un think-tank libéral. Un gain de pouvoir d’achat qui ensuite pourrait servir à doper l’économie française.

« Taxer » les travailleurs étrangers, un bon calcul ?

De son côté, Marine Le Pen défend un « modèle patriote » pour l’emploi. La candidate du FN propose un allégement des charges sociales des TPE-PME – sous condition d’un maintien des emplois. Elle prévoit également de supprimer le « seuil social » de 50 salariés qui peut bloquer certaines entreprises, car il déclenche la création obligatoire d’un comité d’entreprise. Enfin, elle propose une « taxe » sur les salariés étrangers, pour favoriser l’embauche de travailleurs français.

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« Si on raisonne uniquement sur les personnes qui résident en France, cette taxe ne va pas créer d’emploi, affirme Bruno Ducoudré. Cela pourrait même créer des contraintes pour les entreprises qui auraient alors du mal à recruter dans certains secteurs. » Pour Bruno Coquet, docteur en Economie et auteur d’Un avenir pour l’emploi. Sortir de l’économie administrée (Ed. Odile Jacob, parution le 3 mai), « il pourrait y avoir aussi des mesures de rétorsion des autres pays envers les travailleurs français. »

L’apprentissage, solution miracle ?

Marine Le Pen, tout comme Emmanuel Macron, veut également développer l’apprentissage et l’alternance. Le candidat d’En Marche ! parle d’un « effort massif » dans ce domaine, sans s’engager – comme sa concurrente - sur un montant précis. « L’apprentissage c’est difficile, c’est exigeant,tout le monde ne peut pas être concerné, nuance Bruno Ducoudré. » Ainsi, l’objectif de 500.000 apprentis affichés par François Hollande semble « hors de portée », selon l’analyse effectuée par le site Lui Président.

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Pour Bruno Coquet, « l’apprentissage est un thème qui fait consensus. Le problème est qu’il a subi un coup d’arrêt à partir de 2010 : 80 % de la baisse du nombre d’apprentis a concerné la construction. Mais lorsque l’on regarde qui est en apprentissage, on observe qu’il concerne de plus en plus les diplômés post-bac alors que les publics infra-bac, qui sortent tôt du système scolaire, devraient être la cible prioritaire de l’apprentissage. Il faudrait donc un recentrage vers ce public qui est celui pour lequel l’apprentissage est le plus bénéfique. »