Vivarte: Deux PSE annoncés et des cessions d'enseignes

EMPLOI Les syndicats tirent la sonnette d’alarme depuis des mois…

A.B. avec AFP

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Les salariés du groupe Vivarte, ici lors d'une manifestation le 5 janvier 2017, craignent un plan de restructuration drastique qui pourrait menacer 2.000 emplois.
Les salariés du groupe Vivarte, ici lors d'une manifestation le 5 janvier 2017, craignent un plan de restructuration drastique qui pourrait menacer 2.000 emplois. — R. MEIGNEUX/SIPA

Une semaine cruciale s’ouvre ce lundi pourles salariés du groupe d’habillement en difficulté  Vivarte  (La Halle, André, Caroll, San Marina…) appelés à se mobiliser contre une restructuration drastique alors que 2.000 postes pourraient être menacés.

La direction a annoncé le lancement de deux plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) à la Halle aux Chaussures et dans la filiale Vivarte Services, ainsi que des cessions d'enseignes, a-t-on appris de sources syndicales.

Aucune précision sur le nombre de postes impactés, ni sur les enseignes qui pourraient être cédées, n'a toutefois été fournie en comité de groupe aux représentants des salariés, qui redoutent jusqu'à 2.000 suppressions de postes. Ces informations devraient être données lors de comités centraux d'entreprise extraordinaires convoqués mardi et mercredi.

On va vers « trois PSE »

Pour les syndicats, la convocation la même semaine de toutes ces instances ne laisse aucune place au doute : on va vers « trois PSE » (plans de sauvegarde de l’emploi) à la Halle, la Halle aux chaussures et chez Vivarte Services, avait affirmé plus tôt dans la journée la CFDT, qui chiffre à « 2.000 » le nombre de postes menacés dans un groupe qui employait en 2016 17.000 salariés, « 13.000 à 15.000 » selon les chiffres des syndicats.

La CGT évalue de son côté entre « 1.500 et 2.000 » les suppressions de postes qui pourraient être annoncées. « On s’attend à tout, y compris pire que cela », résume son représentant Karim Cheboub. Une restructuration qui fait suite aux plans sociaux déjà lancés en 2015 (La Halle, Kookaï, Défi Mode et André), avec à la clé la suppression de 1.850 postes. Sans permettre de redresser la barre.

Un « démantèlement complet » du groupe redouté

« Pour la préservation de l’emploi », « Non à la casse sociale pour du cash » : les salariés sont appelés à se rassembler devant le siège du groupe à Paris lundi matin par l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, CFTC et SUD, puis à 13 heures par la CFDT, en présence de Laurent Berger, secrétaire général de la confédération. Ils attendent enfin des réponses après des mois d’incertitude.

L’ancien PDG Stéphane Maquaire, débarqué quelques mois après son arrivée, avait dévoilé en septembre un plan stratégique à cinq ans et lancé une procédure auprès du tribunal de commerce de Paris pour restructurer la dette d’un milliard et demi d’euros. Son successeur, Patrick Puy, spécialiste du redressement d’entreprises, a été nommé pour un an. Ce qui fait craindre aux syndicats un « démantèlement complet » du groupe au seul profit des fonds actionnaires (Oaktree, Babson, GLG et Alcentra), des « fonds vautours » pour le responsable CFDT Jean-Louis Alfred.

Car, même si l’effacement de 800 millions d’euros de dette dans le cadre du mandat ad hoc devait aboutir, il resterait encore 700 millions d’euros de dette, une charge trop lourde pour le groupe.

Cessions et fermetures de magasins

Le plan annoncé en septembre prévoyait notamment lacession de 97 magasins La Halle aux chaussures (sur 650), après le lancement l’été dernier de la vente des enseignes Kookaï, Chevignon et Pataugas, qui s’ajoutait à celle de la Compagnie vosgienne de la chaussure (CVC). En novembre avait aussi été annoncée la fermeture de 55 magasins André (sur 135).

FO craint désormais qu’à La Halle aux Chaussures, environ 200 magasins soient cédés et 80 fermés chez André, soit environ 1.200 salariés touchés. La CFDT anticipe, elle, une cession d’André, redoutée par les syndicats et démentie début janvier par la direction. Elle table aussi sur une vente de Naf Naf. Les sièges de La Halle et de La Halle aux chaussures devraient, eux, être fusionnés dans le cadre du rapprochement des deux enseignes, souligne la CGT.

Les syndicats, qui tirent la sonnette d’alarme depuis des mois, ont fini par être reçus début janvier par le cabinet du secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue. Mais ils en sont ressortis « extrêmement déçus ».

Pour sauvegarder les emplois - « 70 % des salariés sont à temps partiel » et « à 80 % des femmes », rappelle le représentant FO Gérald Gautier -, l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, CFTC et SUD va présenter lundi un « plan alternatif » visant à pérenniser les enseignes.