Illustration Pôle emploi
Illustration Pôle emploi — PHILIPPE HUGUEN / AFP

EMPLOI

Chômage: Ultimes chiffres avant la décision de Hollande de se représenter ou non

Les chiffres d’octobre, qui seront dévoilés jeudi, viendront-ils confirmer que « ça va mieux » ?

L’ultime verdict pour la courbe. Pôle emploi publiera jeudi le nombre d’inscrits sur ses listes en octobre, dernière statistique du chômage avant la décision de François Hollande de se lancer ou pas dans la course à la présidentielle.

Une timide amélioration

Le chef de l’Etat a sur le papier jusqu’au 15 décembre, date limite de dépôt des candidatures pour la primaire organisée par le PS, pour dire s’il brigue ou non un second mandat. Il conditionne sa décision à une baisse « crédible » du chômage, qui reste massif malgré une timide amélioration.

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A fin septembre, Pôle emploi recensait 3,49 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité,soit 66.300 chômeurs de moins sur un mois. Une décrue historique après une flambée inattendue en août, qui s’inscrit dans une tendance à la baisse depuis le début de l’année (-90.000 personnes). Les chiffres d’octobre viendront-ils confirmer que « ça va mieux » ? Ces derniers temps, les deux thermomètres mesurant le chômage, Pôle emploi d’une part et l’Insee d’autre part, ont donné des résultats contradictoires pouvant brouiller le message de l’exécutif. Fin octobre, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait clamé que « oui », la courbe était d’ores et déjà « inversée ».

Mais à la mi-novembre, l’Insee, qui mesure le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), seul indicateur reconnu au niveau international, a annoncé une mauvaise nouvelle : alors qu’il baissait depuis un an, le chômage est reparti en légère hausse (+0,1 point) entre juillet et septembre, pour s’établir à 9,7 % de la population active en métropole et 10 % en France entière. Et celui des jeunes, que François Hollande a érigé en « priorité » de son quinquennat, a grimpé à 25,1 % (+1,2 point).

Une « tendance cohérente »

La hausse de l’Insee, très faible, est néanmoins à prendre avec prudence puisqu’elle se situe dans la marge d’erreur de l’indicateur (+ ou - 0,3 point). Et « l’évolution reste favorable sur un an », a fait valoir la ministre du Travail, Myriam El Khomri, le taux baissant de 0,4 point par rapport au 3e trimestre 2015. Une « tendance cohérente » selon la ministre « avec les bons résultats » sur le marché de l’emploi, qui a vu plusieurs autres indicateurs passer au vert, à commencer par les créations nettes d’emploi : celles-ci ont atteint au 3e trimestre un niveau jamais vu depuis la crise de 2008 (52.200 nouveaux postes dans le secteur marchand, pour un total de 145.100 emplois créés sur un an).

Au même 3e trimestre, Pôle emploi a vu 35.200 personnes quitter sa catégorie A (sans activité). Sur cette statistique, la plus commentée, le gouvernement incite à regarder les évolutions sur trois mois en raison de sa forte volatilité mensuelle. Le nouveau calendrier d’actualisation, instauré en janvier, semblerait notamment accentuer l’effet yo-yo.

Accusations dans l’opposition

A ces aléas administratifs s’ajoutent les accusations dans l’opposition et parmi les syndicats de tenter de baisser artificiellement les chiffres, notamment avec leplan de 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emplois. En entrant en formation, les demandeurs d’emploi quittent les catégories A, B ou C de Pôle emploi, pour rejoindre la catégorie D, moins scrutée.

Cela alimente l’incrédulité des Français, qui, selon de récents sondages, ne croient pas à une inversion de la courbe promise par François Hollande. Depuis le début de son quinquennat, 567.000 chômeurs de plus sont venus grossir les rangs de Pôle emploi.

Les chiffres de jeudi tomberont juste avant le débat de l’entre-deux tours de la primaire de la droite entre François Fillon et Alain Juppé, qui promettent tous deux le retour au « plein emploi ». Selon deux sondages Odoxa et Opinionway, l’emploi et le niveau de chômage sont arrivés en tête des motivations des électeurs de la primaire.