Comment gérer son retour à l'emploi

CONSEILS Après une maladie ou un accident, ce n’est pas toujours facile de retrouver le quotidien d'un salarié...

Sylvie Laidet

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Renouer avec les anciens collègues aide à reprendre confiance en soi.
Renouer avec les anciens collègues aide à reprendre confiance en soi. — SIERAKOWSKI/SIPA

Près de 20% des personnes atteintes d’une tumeur maligne perdent ou quittent leur emploi dans les deux ans suivant la pose du premier diagnostic, selon l’étude Vican2 publiée dans le rapport 2013 de l’Observatoire sociétal des cancers.

Un chiffre qui en dit long sur la difficulté de reprendre le travail avec une longue maladie par exemple. Pour limiter la casse et essayer de retravailler dans les meilleures conditions possible, il faut d’abord avoir accepté ce qui s’est passé durant les mois et les années de maladie et de traumatismes et, enfin, en assumer les conséquences. Par exemple, un handicap, un traitement à vie etc. «Ne pas parler de son précédent poste avec remords ou regrets mais accepter de faire différemment ou autre chose. Le pire serait le déni», insiste Pascale Pourrier, dirigeante du cabinet Handispensable.

Se remettre en condition

Une fois bien (ou plus) au clair dans sa tête, il convient d’anticiper son retour. «Réapprendre à se lever tôt, à avoir des plannings et des horaires contraints, enfiler à nouveau des tenues de travail... Tout ça, un ou deux mois avant la reprise selon les besoins», conseille Albine Gasquet, directrice du cabinet JLO Emploi. De même, caler une pré-visite de reprise, avec le médecin du travail est recommandé.

Cela permet ainsi à la personne handicapée de «parler d’éventuelles difficultés à se lancer et d’aborder, si besoin, les aménagements de postes nécessaires, voire d’évoquer l’inaptitude au poste de travail», ajoute-t-elle. Renouer le contact avec ses anciens collègues, managers et le reste de son cercle social et professionnel permet aussi de reprendre confiance en soi.

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Au milieu des autres, on se refait donc naturellement une place dans le monde du travail et donc dans la société. On apprend ainsi plus facilement et rapidement les changements opérés pendant l’absence prolongée: les modes de fonctionnement ou encore les méthodes et organisations de travail entre les membres de l’entreprise.

Trouver les bons appuis

Il s’agit donc de se remettre à jour après l’absence prolongée pour mieux gérer le retour à la vie active et ce que cela comprend. «Ceux qui ont encore un doute sur leur capacité à reprendre leur poste d’origine peuvent également contacter le service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (Sameth).

Les professionnels de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) peuvent ainsi, si le salarié les y autorise, entrer directement en contact avec l’employeur. De la sorte, il pourra intervenir pour faire part des craintes et des interrogations du collaborateur», recommande Albine Gasquet. Dans tous les cas, que la situation soit d’ordre personnel ou professionnel, si le sujet est pris en charge dans les plus brefs délais, il y a plus de chance que le retour à l’emploi soit une réussite.