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Et si vous imaginiez les énergies vertes de demain?

EMPLOI Avec la loi sur la transition énergétique et la croissance verte, de multiples postes sont à pourvoir sur les versants scientifique et technologique de la recherche…

Stéphane Albert

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L'énergie éolienne, dite énergie bleue, est un secteur en forte demande de techniciens et d'ingénieurs.
L'énergie éolienne, dite énergie bleue, est un secteur en forte demande de techniciens et d'ingénieurs. — J. Wan/AP/Sipa

Bâtiments intelligents, nouveaux matériaux pour limiter les pertes énergétiques, dispositifs pour produire de l’électricité autrement… Avec le développement de la croissance verte, c’est tout un champ des possibles qui s’ouvre aux ingénieurs et aux techniciens.

Au sein de l’antenne brestoise de l’Institut supérieur de l’électronique et du numérique (Isen), où une option Energie est proposée depuis 2010, l’équipe pédagogique en est parfaitement consciente. Là-bas, on explique que les opportunités sont multiples. En ligne de mire: comment faire mieux sans les énergies fossiles.

«Dans le domaine des véhicules électriques, l’évaluation des bornes de recharge est un véritable enjeu pour une société comme ERDF», assure Yassine Amirat, responsable de l’Isen-Brest.

C’est surtout une chance pour les ingénieurs et techniciens, qui trouvent ici un territoire de recherche attentivement scruté. Comme l’est aussi le développement de systèmes micro grid, «qui permettent de combiner différentes sources d’énergie (éolienne, hydrolienne, photovoltaïque) ou faire du stockage, ce qui intéresse beaucoup la société Alstom Grid, par exemple.»

Au cœur de ces projets, la performance énergétique est un sujet central. «C’est une question qui couvre un terrain particulièrement vaste. Cela va de l’installation à la maintenance, en passant par le contrôle», explique Guillaume Carpentier, responsable des masters spécialisés Eco-matériaux et conception numérique, et Ouvrages maritimes et portuaires, au sein de l’Ecole supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction (ESITC) de Caen.

Une transition énergétique à gérer aussi sur le plan juridique

Les efforts portés sur l’éolien offshore le démontrent bien. Les opérations de dragage (l’installation et le raccordement des machines au large) mobilisent de nombreux ingénieurs fraîchement diplômés dans le Calvados. «Il faut tenir compte de conditions de houle et de vent complexes», précise Guillaume Carpentier. Ce challenge s’inscrit dans un contexte véritablement porteur : pendant de l’énergie verte, ce que l’on appelle désormais «l’énergie bleue» est elle aussi en pleine expansion.

L’expertise des ingénieurs est aussi parfois mobilisée sur tout un pan juridique de la transition énergétique. A l’Isen-Brest, on explique ainsi que plusieurs diplômés ont rejoint la société Greensolver, spécialisée dans la gestion de parcs éoliens et solaires pour que ces structures respectent les grid codes, des normes édictées par EDF en matière d’injection de ces énergies dans le réseau électrique français. Là aussi, le chantier est d’envergure.