Comment retrouver un emploi passé 45 ans?

travail Trop cher, trop expérimentés, trop qualifiés: les plus de 45 ans peinent bien souvent à se réinsérer dans une nouvelle entreprise…

Clara Carlesimo

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Plus de 800.000 seniors étaient au chômage en décembre 2014.
Plus de 800.000 seniors étaient au chômage en décembre 2014. — POL EMILE/SIPA

A 45 ans, François Humbert a été licencié par son entreprise. «A l’époque, je me suis pris une baffe, avoue-t-il. J’étais clairement devenu trop vieux pour ce poste.» Pour ce poste, mais aussi pour retrouver un travail classique. «A cet âge-là, on se sent vraiment rejeté par la société, continue-t-il. Nous ne sommes plus bons à rien.» Pour se ressaisir, il a choisi de créer sa propre entreprise, Cadre Senior Consulting, un cabinet de recrutement pour les plus de 45 ans.

«Vu que l’on nous considère comme laissés-pour-compte, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose pour les vieux», raconte-t-il. Même si l’on pense souvent que l’âge fatidique est celui de la cinquantaine, il s’avère que cinq ans plus jeunes, les salariés ne sont pas mieux perçus. «45 ans, c’est l’âge auquel nous sommes «seniors» dans le monde de l’entreprise et vis-à-vis de Pôle Emploi», explique Elise Moison, déléguée générale de l’association Force Femmes.

Rester serein

Selon une étude du cabinet A compétences égales, les seniors pensent que l’âge est le critère de sélection le plus utilisé par les recruteurs. «Plus il avance, plus retrouver un emploi s’avère très compliqué», admet Elise Moison. Souvent, ce cap des 45 ans passé, les employeurs deviennent de plus en plus frileux. «Le désœuvrement peut vite arriver, regrette François Humbert. Mais la clef, c’est de ne pas s’effondrer.» Et pour cela, de nombreuses astuces peuvent être mises en œuvre.

«Il est important d’abord être capable de faire son propre bilan, conseille Jean-Philippe Fauche, coach professionnel. Afin d’y parvenir, les candidats doivent recenser leurs savoir-faire, comprendre leur valeur ajoutée et bien cibler la structure, le secteur ou l’entreprise qu’ils visent.» Un autre facteur de discrimination des seniors est celui de l’utilisation d’Internet. «Il faut connaître les réseaux sociaux et surtout LinkedIn, clame-t-il. Cette plateforme n’est ni plus ni moins que le prochain CV papier.» Une mise à niveau parfois difficile pour certains demandeurs d’emploi, mais qui demeure aujourd’hui presque obligatoire.

Le réseau d’une vie

Beaucoup de séniors n’assument pas et tentent de rajeunir de quelques années quand ils rédigent leurs CV. «Il n’y a aucune honte à avoir 45 ans donc on ne doit pas chercher à cacher son âge», recommande Elise Moison. La clef réside plutôt dans le fait de bien savoir se vendre. Comme à tout âge, l’entretien d’embauche est la pierre angulaire d’un nouveau travail. Mais lorsque l’on vieillit et que l’on se retrouve parfois pour la première fois dans cette situation, cela peut être un parcours du combattant.

«On peut par exemple travailler un pitch de quelques minutes qui mettra en avant notre expérience, conseille Jean-François Fauche. On est beaucoup moins stressé devant les employeurs lorsque l’on se sent préparé.» Enfin, les demandeurs d’emploi peuvent mettre en avant un atout que les jeunes n’ont pas forcément: le réseau d’une carrière. «A cet âge-là, les relations sont fondamentales, conclut Elise Moison. D’ailleurs, c’est souvent par ce biais que les seniors retrouvent enfin un emploi.»