Le 3ème cycle part à la conquête des régions

Clara Carlesimo

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La province a l’avantage d’offrir un cadre moins stressant et plus reposant que Paris pour les étudiants
La province a l’avantage d’offrir un cadre moins stressant et plus reposant que Paris pour les étudiants — Audencia Nantes

ETUDES - De plus en plus d’étudiants délaissent les écoles parisiennes au profit des cursus provinciaux tout aussi qualitatifs...

Si Paris a longtemps prévalu dans le cœur des étudiants, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Grenoble, Toulouse et Montpellier arrivent en tête du classement 2013 L’étudiant des communes où il fait bon étudier. Loin derrière elles, la capitale pointe péniblement à la douzième place. Les critères facteurs de cette hiérarchie sont multiples: du sport à la culture en passant par le logement et la qualité des études, bien sûr.
Alors pourquoi autant de provinciaux veulent absolument monter à Paris pour étudier? Pour Pablo, étudiant à Sciences-Po Paris, «la ville offre plus à ses étudiants». S’il a échoué au concours des IEP de province, il avoue que s’il avait eu le choix, il aurait tout de même préféré s’établir en Ile-de-France: «Paris concentre des écoles réputées élitistes.»

Nouvel eldorado estudiantin

Pourtant, de plus en plus d’écoles de province rivalisent avec les parisiennes. «On ne parlera jamais assez de nous, on souffre d’a priori!», peste Philippe Maisonnas, directeur des mastères spécialisés (MS) à Audencia Nantes. En 2014, ses MS arrivent pourtant en tête du classement du cabinet SMBG.
Pour les écoles de commerce, coincée entre les immuables HEC et Essec, on retrouve une école de province: l’EMLyon. Le Financial Times l’a d’ailleurs classée 13e des meilleures «business school» européennes.
Du côté des écoles d’ingénieurs, si les parisiennes Centrale et l’Ecole des ponts semblent intouchables, l’UTT de Troyes n’est plus très loin. Le cursus pointait au deuxième rang du classement Nouvel Observateur en 2012. Directeur de la formation, Timothée Toury rappelle qu’il «n’y a pas nécessité d’aller vers Paris pour avoir une excellente formation d’ingénieur».

Une question de notoriété

«Beaucoup d’écoles parisiennes se délocalisent en province. Nous, nous avons fait le contraire» s’amuse Joëlle Brouard, directrice du mastère commerce international des vins et spiritueux à l’ESC Dijon. Son cursus est classé 2e par SMBG et 3e à l’international par Best-masters.com. Ouvrir un pôle parisien était pourtant une nécessité. «Pour des étudiants étrangers, c’est plus simple de venir dans la capitale. Paris, ça parle à tout le monde. Sa visibilité est internationale, au détriment des autres», déplore Joëlle Brouard.