Le droit et les sciences humaines à l'heure de l'alternance

CURSUS Meilleur moyen de professionnaliser les cursus, l'alternance est de plus en plus adoptée en sciences humaines ou en droit

Coralie Lemke

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De nombreuses filières en sciences sociales optent pour l’alternance afin de professionnaliser leurs étudiants.
De nombreuses filières en sciences sociales optent pour l’alternance afin de professionnaliser leurs étudiants. — OJO Images/Rex/Sipa

Alternance rime souvent avec hôtellerie et restauration, commerce ou bâtiment. Mais pourquoi ne pas se lancer dans une alternance en sciences de l’éducation ou en sciences du langage?

A l’université Paris-Descartes, il existe en tout 16 filières en sciences humaines et sociales concernées. Les apprentis se forment par exemple au métier de chargé d’études. Après un diplôme de sociologie appliquée, ils travaillent en institut, en entreprise, dans les secteurs de marketing ou de recherche et développement.

Une meilleure insertion

«On entend toujours dire que les sciences humaines et sociales mènent au chômage, mais c’est faux! Ici, les jeunes sont pré-recrutés en CDI avant même la fin de leur cursus», souligne Valérie Sacriste, la responsable du diplôme de sociologie appliquée. Dans ces domaines, le contrat d’alternance, qui dure deux ans, permet une bonne insertion dans le monde du travail.

Les formations accessibles en alternance fleurissent également en droit, comme à l’université de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise). Le Master 2 de droit pénal et financier est l’un des plus prisés. Il forme les apprentis à la lutte contre la délinquance financière, le délit d’initiés et le blanchiment d’argent. «Ces postes sont très demandés dans les banques et dans les cabinets d’avocats», explique Dominique Merville, directrice du master. Cette formation d’un an accueille 30 élèves sur 400 candidatures.

Un choix évident

Pour les juristes, l’alternance est une option plus naturelle qu’il n’y paraît. «Le droit a une image de secteur libéral avec peu d’apprentis. Mais aujourd’hui, toutes les grandes entreprises ont leur propre service juridique. Elles ont besoin d’une expertise quotidienne au sein de leurs locaux», explique Jean-Pierre Dudézert directeur de Formasup, le centre de formation d’apprentis des universités Paris-2 Panthéon-Assas, Paris-Descartes et Cergy-Pontoise.

«Les juristes ont une relation innée avec les chercheurs pour se tenir informés des textes de loi», poursuit-il. Lorsque les milieux universitaires et professionnels sont aussi fortement imbriqués, le choix de l’alternance semble d’autant plus évident.