Trajectoire: du handicap au retour à l'emploi

Rédaction 20 Minutes

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L’accueil réservé par l’entreprise est un élément clé d’un bon retour.
L’accueil réservé par l’entreprise est un élément clé d’un bon retour. — Valinco / Sipa

TEMOIGNAGE - « 20 Minutes », partenaire de Pass pour l’Emploi, donne la parole aux personnes handicapées.

logo 20 minutesEn février 2011 alors qu’il skie, Jean-Christophe Boutigny, directeur commercial entreprise à la Société Générale, fait une chute de 20 mètres dans un ravin. Sa colonne vertébrale se déboîte et écrase sa moelle épinière. « C’est seulement à mon arrivée au centre de rééducation, après trois semaines d’hôpital, que j’ai pris conscience de mon état. » Il comprend alors que sa vie va changer. « Le choc est violent. J’ai fait un bilan de ma vie d’avant et de ce que j’allais pouvoir aimer dans ma vie de paraplégique. »

Un retour préparé en interne

Jean-Christophe Boutigny.
Jean-Christophe Boutigny.

Volontaire, il prend le taureau par les cornes. « Je ne peux pas dire que j’ai accepté la situation, mais j’ai dû l’admettre », avoue-t-il plein de flegme. Mais il fait face, avec un objectif précis : « Je voulais me réadapter au plus vite et sortir du centre pour reprendre mon activité professionnelle. »

Du côté de son employeur, la volonté est identique. « J’ai eu un gros soutien de mon entourage professionnel, tant sur la présence que sur la prise en charge par la mission handicap. » En effet, alors que Jean-Christophe est encore en centre de rééducation, son retour à l’emploi s’organise déjà.

A la Société Générale, une rampe est mise en place, les portes sont domotisées et les toilettes aménagées. Après seulement 8 mois d’absence, il est de retour à son poste. Coté clientèle, il continue ses visites régulières. Là aussi, les encouragements sont nombreux. « Mes clients étaient au courant et ils étaient très enthousiastes de me revoir. » Au bout de quelques semaines, il sent une gène de certains collègues. Il organise donc une réunion pour en parler. « Il y avait des appréhensions très basiques, mais tout à fait naturelles, sur ma situation et les réactions à avoir si par exemple je tombais de mon fauteuil. »

« Je suis resté le même »

En septembre 2013, sa direction le promeut. « J’ai rejoint le siège pour m’occuper des marchés des associations. Cela s’est fait dans le cadre de ma gestion de carrière, comme si j’avais été valide. ». À entendre Jean-Christophe, on pourrait croire que le handicap n’a pas changé grand-chose. Il concède malgré tout un changement. « Je suis resté le même bien que physiquement je ne le sois pas. Avant, je faisais 1,90 m et 95 kg. Les gens autour de moi étaient pour la majorité plus petits. Là, c’est l’inverse, et fatalement on n’a pas le même regard. Mais sinon je suis le même. »

Julien Kaufmann