«Je ne me considérais pas comme une personne en situation de handicap»

Rédaction 20 Minutes

— 

Laetitia Sandjo peut travailler normalement depuis son poste de travail adapté.
Laetitia Sandjo peut travailler normalement depuis son poste de travail adapté. — A. Falguerolles

TRAJECTOIRE - Laetitia a pris du temps pour faire reconnaître son handicap. C'est sur l'insistance de ses collègues étudiants que la jeune femme a demandé des aménagements. Aujourd'hui, elle peut travailler normalement.

Laetitia Sandjo, 24 ans, étudiante à l’ESG Management School, est travailleuse handicapée mais ne se voit pas comme telle. Pourtant, son handicap n’est pas nouveau. «J’ai eu des problèmes de vue dès la naissance. Ce n’est pas une condition qui peut être améliorée par des opérations.» Depuis son plus jeune âge, sa vue décroît peu à peu même si, ces dernières années, la situation a stagné. «J’arrive à voir correctement avec des lunettes», explique-t-elle.

Une scolarité normale

Son parcours scolaire s’en est trouvé compliqué. «Même en étant au premier rang, je ne voyais pas très bien. Je devais demander au professeur d’écrire plus gros. C’était gênant», confie Laetitia. Grâce à l’aide de ses professeurs, la jeune fille suit une scolarité normale, entre à la fac, puis en école de commerce. Elle bénéficie de certains aménagements comme les cours polycopiés ou des tiers temps supplémentaires pour les examens.
Mais ce n’est qu’en stage que Laetitia comprend qu’elle doit s’adapter pour être performante. «J’ai eu beaucoup de chance car ma première entreprise avait installé de très grands écrans pour chaque employé. J’ai pu m’adapter progressivement. Après, c’est sûr que je fatigue vite après un certain temps devant l’écran, mais c’est à moi de gérer et de faire des pauses lorsque je sens que je n’y arrive plus.» Jusque-là, elle ne se considérait pas comme handicapée. «J’avais de graves problèmes de vue, c’est vrai, mais  je ne me voyais pas comme une personne en situation de handicap», avoue-t-elle, un peu gênée. Ce sont ses camarades de classe et l’ESG qui lui font prendre conscience de son statut. Elle demande donc la reconnaissance de  travailleur handicapée.

« Mieux travailler »

Puis elle se rend sur des forums spécialisés pour trouver un stage adapté à sa situation. C’est chose faite en septembre, chez Generali, au contrôle de gestion. La jeune femme fait part de ses besoins dès l’entretien, et arrive à un poste où tous les outils sont à son service. «J’ai un écran de 30 pouces, un logiciel adapté  pour pouvoir zoomer et je peux tout imprimer en grand format.» En fin de compte, ajoute-t-elle, « la reconnaissance n’a rien changé pour moi. Cela m’a juste permis d’être plus à l’aise devant mon poste de travail et donc de mieux travailler. Mais je ne me dissocie pas des autres membres de mon équipe.»

Julien Kaufmann

>>> Potraits, analyse, chiffres... Retrouvez nos autres articles en relation avec le handicap et l'emploi