Des bancs de la fac à l’entreprise

Rédaction 20 Minutes

— 

80% des personnes handicapées n’ont pas le niveau bac.
80% des personnes handicapées n’ont pas le niveau bac. — S. Frederic / Sipa

SOUTIEN - L’association Tremplin se veut une passerelle entre les études et le monde de l’entreprise pour les jeunes en situation de handicap.

La transition études-entreprise, une étape clé pour l’insertion professionnelle ? « Oui, bien sûr, mais avant cela, il faut surtout commencer par travailler sur l’accès des jeunes handicapés à l’enseignement supérieur », souligne Christian Grapin, directeur de l’association Tremplin. Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, il y a 136 000 élèves handicapés en primaire, 89 000 dans le secondaire, et seulement 14 000 dans l’enseignement supérieur… On accompagne donc les jeunes, dès le lycée, pour les convaincre de leur potentiel à poursuivre des études jusqu’à la fac, et d’y rester. »

Développer l’expérience

Ensuite, il s’agit de multiplier les expériences professionnelles, sans attendre la dernière année à l’université. « Les jeunes diplômés handicapés sont dans la situation de n’importe quel jeune diplômé, face à un contexte économique difficile. Le handicap est un poids supplémentaire. L’association les aide à prendre conscience de ce qu’ils peuvent faire, sans jamais dégrader leurs ambitions », ajoute Christian Grapin.

Favoriser les rencontres

L’association a deux publics, jeunes et professionnels, qu’elle œuvre à rapprocher. Créé par un groupe d’entreprises, le collectif Tremplin aide depuis plus de vingt ans son réseau de 220 sociétés de toutes tailles à s’ouvrir aux jeunes handicapés. Elle permet ainsi environ 400 suivis chaque année, sur tout le territoire national, du lycée aux études supérieures.
Pour cela, il faut que les rencontres se fassent, même avant le diplôme. Et cela passe par un stage, une alternance, un job d’été, ou encore par un contrat à durée déterminée ou indéterminée. « Ou simplement par un entretien, pour parler des métiers qu’on exerce dans telle ou telle entreprise, évoquer des choses très concrètes. Je me rappelle d’une jeune fille en Master d’audit, persuadée que son handicap était un frein à la relation client pour faire de l’audit externe. Après une rencontre avec un professionnel, elle s’est rendu compte que ce n’était pas le cas ! », raconte Christian Grapin.
Cette année, plus de 1 000 actions ont abouti en entreprises. L’association aide donc les jeunes à construire un projet et à se poser les bonnes questions… En guidant les étudiants vers les entreprises, et vice-versa.

Lucie de la Héronnière